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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 12 février 2026, n° 508692

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508692.20260212

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de convocation pour délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris d'ordonner au préfet de police de le convoquer pour délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail.
  • Il a également demandé d'ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de transmettre son dossier à la préfecture de police.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 15 septembre 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutenait que sa demande du 10 mars 2025 était une demande de rendez-vous et non une demande d'admission exceptionnelle au séjour.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-3 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’une part d’ordonner au préfet de police de le convoquer à un rendez-vous en vue de lui délivrer un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour avec autorisation de travail valable six mois, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance et en tout état de cause avant le 22 septembre 2025, d’autre part d’ordonner au préfet des Hauts-de-Seine de transmettre son dossier à la préfecture de police, sans délai et en tout état de cause dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance. Par une ordonnance n° 2522805 du 15 septembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et des observations, enregistrés les 30 septembre, 15 octobre et 30 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Liza Bellulo, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient : - qu’elle est entachée d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en retenant qu’il avait présenté, le 10 mars 2025, une demande d’admission exceptionnelle au séjour auprès du préfet de police qui aurait été implicitement rejetée, alors qu’il ne s’agissait que d’une demande de rendez-vous préalable à une telle demande ; - que le juge des référés s’est mépris sur le sens et la portée de ses conclusions et a dénaturé les pièces du dossier en interprétant sa demande tendant à ce qu’il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de transmettre son dossier à la préfecture de police comme une demande de transfert de sa demande de renouvellement de titre de séjour portant la mention « étudiant ». 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 29 janvier 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et Mme Liza Bellulo, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 12 février 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban La rapporteure : Signé : Mme Liza Bellulo La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Puis-je obtenir un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail ?
Oui, si vous avez déposé une demande de titre de séjour complète, vous pouvez demander un récépissé avec autorisation de travail, sous conditions.
Que faire si la préfecture ne me convoque pas pour déposer ma demande ?
Vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour qu'il ordonne à la préfecture de vous convoquer.
Comment contester une ordonnance de référé rejetant ma demande ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais il doit être fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'une admission exceptionnelle au séjour ?
C'est une procédure permettant à un étranger en situation irrégulière d'obtenir un titre de séjour pour des motifs exceptionnels (vie privée et familiale, travail, etc.).
Puis-je demander le transfert de mon dossier entre deux préfectures ?
Oui, vous pouvez demander le transfert de votre dossier, mais cela relève du pouvoir discrétionnaire de l'administration.
Quels sont les recours contre un refus implicite de titre de séjour ?
Vous pouvez former un recours gracieux, hiérarchique, ou un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois.

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