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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 19 mars 2026, n° 508704

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508704.20260319

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire délivré avec une dérogation aux règles de stationnement est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, relatifs à l'erreur de droit concernant l'obligation de motivation de la dérogation aux obligations de création d'aires de stationnement, à l'appréciation de la densité urbaine et à la qualification des faits, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Bony Conseils a demandé l'annulation de l'arrêté du 21 août 2024 par lequel le maire d'Antibes a délivré un permis de construire à la société Al Kameliah Properties pour deux bâtiments collectifs à usage d'habitation et de commerce.
  • Le tribunal administratif de Nice a rejeté cette demande par un jugement du 30 juillet 2025.
  • La société Bony Conseils a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • Le pourvoi a été enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d'État les 30 septembre et 31 décembre 2025.
  • La société requérante soutenait notamment que le tribunal avait commis une erreur de droit en jugeant que l'absence d'obligation de motivation de la dérogation aux obligations de création d'aires de stationnement permettait de ne pas tenir compte de la qualité de la desserte, de la densité urbaine ou des besoins propres au projet.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 152-6 du code de l'urbanisme article L. 424-3 du code de l'urbanisme article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Bony Conseils a demandé au tribunal administratif de Nice d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 21 août 2024 par lequel le maire d’Antibes (Alpes-Maritimes) a délivré à la société Al Kameliah Properties un permis de construire deux bâtiments collectifs à usage d’habitation et de commerce sur les parcelles cadastrées section CP nos 287, 288, 290 et 586. Par un jugement no 2405915 du 30 juillet 2025, le tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 septembre et 31 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Bony Conseils demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la société Al Kameliah Properties et de la commune d’Antibes la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Malapert, auditeur, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Bardoul, avocat de la Societe Bony Conseils ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Bony Conseils soutient que : - le tribunal administratif a commis une erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l’article L. 152-6 du code de l’urbanisme, de l’article L. 424-3 du même code et de l’article UB 12 du règlement du plan local d’urbanisme en jugeant que l’absence d’obligation de motivation de la dérogation aux obligations de création d’aires de stationnement permettait de ne pas tenir compte de la qualité de la desserte, de la densité urbaine ou des besoins propres au projet au regard des capacités de stationnement existantes à proximité ; - il a commis une erreur de droit en jugeant que le maire était fondé à accorder la dérogation mentionnée au 4° du L. 152-6 du code de l’urbanisme sans tenir compte de la densité urbaine et en se limitant à une appréciation quantitative de la desserte ; - il a insuffisamment motivé son arrêt, inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que la commune n’avait pas commis d’erreur d’appréciation en accordant ladite dérogation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Bony Conseils n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Bony Conseils. Copie en sera adressée à la société Al Kameliah Properties et à la commune d’Antibes.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue par une juridiction administrative inférieure (comme un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel). Il ne porte que sur des questions de droit, pas sur les faits.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est invoqué, le Conseil d'État refuse l'admission.
Le maire peut-il accorder une dérogation aux règles de stationnement pour un permis de construire ?
Oui, dans certaines conditions prévues par le code de l'urbanisme, notamment l'article L. 152-6, le maire peut accorder une dérogation aux obligations de création d'aires de stationnement, mais il doit respecter les règles applicables.
Quels sont les recours possibles contre un permis de construire ?
On peut former un recours gracieux auprès du maire, un recours hiérarchique, ou un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la notification ou de l'affichage du permis.
Qu'est-ce qu'une erreur de droit dans le cadre d'un pourvoi en cassation ?
Une erreur de droit est une erreur dans l'application ou l'interprétation d'une règle de droit. Par exemple, si le juge a mal appliqué un article du code de l'urbanisme, cela peut constituer une erreur de droit.
Quelle est la différence entre un recours pour excès de pouvoir et un pourvoi en cassation ?
Le recours pour excès de pouvoir est une demande d'annulation d'une décision administrative devant le tribunal administratif. Le pourvoi en cassation est un recours devant le Conseil d'État contre une décision juridictionnelle, pour des motifs de droit.

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