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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 16 avril 2026, n° 508715

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508715.20260416

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'indemnisation du préjudice résultant du décès d'un patient est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au tribunal administratif de Nîmes la condamnation du centre hospitalier universitaire de Nîmes à lui verser 50 000 euros en réparation du préjudice subi du fait du décès de sa mère.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 29 septembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel par arrêt du 23 septembre 2025.
  • M. A... se pourvoit en cassation contre cet arrêt.
  • Il soutient notamment une faute liée au choix de réaliser une coronographie ayant altéré les reins de la patiente, un manquement à l'obligation d'information, un arrêt des soins sans accord de la famille, et une omission de statuer sur le défaut d'information sur l'aide psychologique.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Nîmes de condamner le centre hospitalier universitaire de Nîmes à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation du préjudice qu’il estime avoir subi du fait du décès de sa mère dans cet établissement. Par un jugement n° 2100279 du 29 septembre 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23TL02801 du 23 septembre 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi, un mémoire de régularisation et un nouveau mémoire, enregistrés le 1er octobre 2025 et les 5 janvier et 10 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’État, M. A... demande au Conseil d'État : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Nîmes la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Le Bret-Desaché, avocat de M. A.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ne retenant pas une faute du centre hospitalier universitaire liée au choix de réaliser une coronographie, alors qu’elle a eu pour effet d’altérer les reins de la patiente qui souffrait d’une insuffisance rénale ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ne retenant pas un manquement du centre hospitalier universitaire à son obligation d’information du patient et de sa famille, alors qu’il a été informé avec retard de l’hospitalisation de sa mère et de la gravité de son état ; - d’erreur de droit en jugeant que la responsabilité du centre hospitalier universitaire n’était pas engagée du fait d’un manquement à son obligation d’information, alors que l’absence d’information de la famille sur les risques liés à la réalisation d’une coronographie a entrainé pour la patiente une perte de chance d’échapper au risque qui s’est réalisé ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ne retenant pas que le centre hospitalier universitaire avait procédé à un arrêt des soins sans l’accord préalable de la famille, alors que la patiente a reçu plusieurs substances ayant des effets sur son activité cérébrale, n’a pas bénéficié d’un électroencéphalogramme et que l’absence d’autopsie fait obstacle à la connaissance des causes du décès ; - d’insuffisance de motivation et d’omission de statuer sur une faute du centre hospitalier à ne pas avoir informé la famille de la possibilité de bénéficier d’une aide psychologique à la suite de l’annonce du décès de la patiente. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au centre hospitalier universitaire de Nîmes. Délibéré à l'issue de la séance du 12 mars 2026 où siégeaient : Mme Laurence Helmlinger, assesseure, présidant ; M. Jérôme Marchand-Arvier, conseiller d'Etat et M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 16 avril 2026. La présidente : Signé : Mme Laurence Helmlinger Le rapporteur : Signé : M. Erwan Le Bras Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'une faute médicale ?
Une faute médicale est un manquement à une obligation légale ou déontologique, comme une erreur de diagnostic, un défaut d'information, ou un acte médical inapproprié, qui cause un préjudice au patient.
Comment engager la responsabilité d'un hôpital public ?
Il faut saisir le tribunal administratif compétent dans un délai de 4 ans à compter de la réalisation du dommage, en démontrant une faute de l'hôpital, un préjudice, et un lien de causalité.
Qu'est-ce que la perte de chance ?
C'est un préjudice consistant en la perte d'une probabilité de guérison ou d'éviter un dommage, due à une faute médicale. Elle est indemnisée à hauteur de la chance perdue.
Que faire si l'hôpital ne m'a pas informé des risques d'un acte médical ?
Vous pouvez engager une action en responsabilité pour manquement à l'obligation d'information, en démontrant que si vous aviez été informé, vous auriez refusé l'acte ou pris une autre décision.
Quels sont les moyens pour contester un arrêt de cour administrative d'appel ?
Les moyens peuvent être une erreur de droit, une dénaturation des faits, une insuffisance de motivation, ou une omission de statuer. Ils doivent être sérieux pour que le pourvoi soit admis.

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