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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 10 avril 2026, n° 508831

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:508831.20260410

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de rejet d'appel en matière de refus de titre de séjour et d'OQTF est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au tribunal administratif d'Amiens l'annulation de l'arrêté du 28 février 2024 du préfet de l'Aisne lui refusant un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et lui imposant de se présenter deux fois par semaine au commissariat.
  • Le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande par jugement du 24 octobre 2024.
  • La cour administrative d'appel de Douai a rejeté son appel par ordonnance du 4 août 2025 sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
  • Mme B... se pourvoit en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutient notamment que le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office sa demande sur le fondement de l'article L. 423-23 du CESEDA, et que la vie commune avec son époux avait débuté avant le mariage.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 222-1 du code de justice administrative article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif d’Amiens d’annuler l’arrêté du 28 février 2024 par lequel le préfet de l’Aisne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d’éloignement et lui a fait obligation de se présenter deux fois par semaine au commissariat de Soissons. Par un jugement n° 2402460 du 24 octobre 2024, le tribunal administratif d’Amiens a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 24DA02325 du 4 août 2025, le président de la 2ème chambre de la cour administrative d’appel de Douai a, en application des dispositions du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, rejeté l’appel formé par Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés le 6 octobre 2025 et les 6 janvier et 2 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. François-Xavier Bréchot, maître des requêtes, - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, Mme B... soutient que le président de la 2ème chambre de la cour administrative d’appel de Douai a : - commis une erreur de droit en jugeant que le préfet de l’Aisne n’était pas tenu d’examiner d’office sa demande de titre de séjour sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - dénaturé les pièces du dossier en retenant qu’il n’était pas établi que sa vie commune avec son époux avait débuté avant la date de leur mariage ; - dénaturé les pièces du dossier et inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que le refus du préfet de l’Aisne de lui délivrer un titre de séjour n’était pas entaché d’une erreur manifeste d’appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle et familiale et que l’obligation qui lui était faite de quitter le territoire français ne méconnaissait pas les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française pour contester une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous devez alors vous conformer à la décision, par exemple quitter le territoire si une OQTF a été prononcée.
Le préfet doit-il examiner d'office ma demande de titre de séjour sur un autre fondement ?
En principe, le préfet n'est pas tenu d'examiner d'office une demande sur un fondement non invoqué par le demandeur. Toutefois, il doit examiner la demande sur le fondement sollicité et peut, le cas échéant, l'examiner sur d'autres fondements si les éléments le justifient.
Comment prouver ma vie commune avec mon époux pour obtenir un titre de séjour ?
Vous devez fournir des preuves de la réalité et de la stabilité de votre vie commune, comme des factures communes, des attestations, des documents administratifs, etc. La date de début de la vie commune peut être antérieure au mariage si vous le démontrez.
Qu'est-ce qu'une erreur manifeste d'appréciation ?
C'est une erreur évidente et grossière commise par l'administration dans l'appréciation des faits. Pour la caractériser, il faut démontrer que la décision est disproportionnée ou manifestement contraire à la situation personnelle.
L'article 8 de la CESDH protège-t-il ma vie privée et familiale ?
Oui, l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme protège le droit au respect de la vie privée et familiale. Une mesure d'éloignement peut être annulée si elle porte une atteinte disproportionnée à ce droit.

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