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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 6 mai 2026, n° 509012

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509012.20260506

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de renouvellement d'une carte de résident pour menace grave à l'ordre public est-il légal lorsque l'administration n'a pas consulté les fichiers de antécédents judiciaires ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé le renouvellement de sa carte de résident de dix ans.
  • Le préfet de la Gironde a refusé ce renouvellement par arrêté du 25 avril 2024.
  • Le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande le 18 décembre 2024.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté son appel le 5 juin 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 40-29 du code de procédure pénale article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler l’arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de renouveler sa carte de résident d’une durée de dix ans et d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer une carte de résident permanent ou à défaut de dix ans, dans un délai d’un mois, sous astreinte, ou, à tout le moins, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions d’astreinte et de délai. Par un jugement n° 2404385 du 18 décembre 2024, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 25BX00511 du 5 juin 2025, la cour administrative de Bordeaux a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 octobre 2025 et 14 janvier 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de procédure pénale ; - le code de la sécurité intérieure ; - la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Robin Soyer, auditeur, - les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la société Dreuzy Avocats, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Bordeaux a : - commis une erreur de droit en omettant de rechercher si l’absence de saisine préalable des services de la police nationale ou de la gendarmerie nationale et du procureur de la République prévue par les dispositions de l’article R. 40-29 du code de procédure pénale aux fins de demande d’information sur les suites judiciaires données aux mentions figurant dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires l’avait privé d’une garantie ; - inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que le préfet de la Gironde avait pu légalement regarder sa présence sur le territoire français comme constituant une menace grave pour l’ordre public. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une carte de résident ?
Une carte de résident est un titre de séjour de longue durée, généralement valable dix ans, permettant à un étranger de résider en France.
Quels sont les motifs de refus de renouvellement d'une carte de résident ?
Le renouvellement peut être refusé si la présence de l'étranger constitue une menace grave pour l'ordre public, ou si les conditions de délivrance ne sont plus remplies.
Comment contester un refus de renouvellement de carte de résident ?
Vous pouvez former un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission : il doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, sinon il est rejeté.
Le préfet doit-il consulter le fichier des antécédents judiciaires avant de refuser un titre de séjour ?
Selon l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, l'administration peut consulter ce fichier, mais l'absence de consultation n'entraîne pas nécessairement l'illégalité de la décision si elle n'a pas privé l'étranger d'une garantie.

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