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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 12 février 2026, n° 509055

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509055.20260212

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension de décisions de rejet de candidature pour l'attribution d'autorisations d'occupation du domaine public est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. F... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulouse la suspension de la décision du maire de Toulouse rejetant sa candidature pour l'attribution d'autorisations d'occupation du domaine public.
  • Le juge des référés a rejeté ses demandes par une ordonnance du 1er octobre 2025.
  • M. F... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutenait que le juge des référés avait omis de viser un moyen tiré d'un dysfonctionnement de la plateforme technique de la commune.
  • Il soutenait également une erreur de droit et une dénaturation des pièces concernant les conventions conclues avec ses concurrents.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. E... F... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 27 juin 2025 par laquelle le maire de Toulouse a rejeté sa candidature pour l’attribution d’autorisations d’occupation du domaine public aux abords de plusieurs lieux sièges de manifestations sportives ou culturelles, d’enjoindre à la commune de Toulouse de produire les conventions conclues avec ses concurrents, d’ordonner la suspension de l’exécution de ces conventions et d’enjoindre à cette commune de réexaminer et de retenir sa candidature pour l’attribution des emplacements en litige. Par une ordonnance n° 2506113 du 1er octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté ses demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 et 31 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. F... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la propriété des personnes publiques ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Blondy-Touret, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Boulloche, Colin, Stoclet et associés, avocat de M. F... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. F... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse : - l’a entachée d’irrégularité et d’insuffisance de motivation en omettant de viser le moyen, propre à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions et conventions contestées, tiré de ce que le dépassement du délai fixé pour le dépôt de son dossier de candidature était imputable à un dysfonctionnement de la plateforme technique de la commune, faisant obstacle à ce que celle-ci écarte sa candidature pour tardiveté ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en retenant l’absence de moyen propre à faire naître un doute sérieux sur la légalité des conventions conclues avec ses concurrents ; - l’a entachée d’irrégularité en ne mentionnant ni dans ses visas ni dans ses motifs les dispositions du code civil qu’il invoquait et dont il a nécessairement été fait application pour juger qu’aucun moyen n’était de nature, en l’état de l’instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité des conventions contestées. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. F... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E... F.... Copie en sera adressée à la commune de Toulouse, à Mme A... G..., M. C... B... et M. H... D.... Délibéré à l'issue de la séance du 22 janvier 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et Mme Anne Blondy-Touret, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 12 février 2026. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti La rapporteure : Signé : Mme Anne Blondy-Touret Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Puis-je contester le refus d'attribution d'une autorisation d'occupation du domaine public ?
Oui, vous pouvez contester cette décision devant le juge administratif, notamment en référé suspension si l'urgence est démontrée et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment obtenir la suspension d'une décision de rejet de ma candidature pour un emplacement public ?
Vous devez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quels sont les recours contre une ordonnance de référé rejetant ma demande ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit être fondé sur un moyen sérieux.
Le juge des référés doit-il examiner tous mes arguments ?
Le juge des référés doit examiner les moyens soulevés et motiver sa décision. S'il omet de répondre à un moyen pertinent, son ordonnance peut être annulée pour irrégularité.
Que faire si la plateforme de dépôt des candidatures a dysfonctionné ?
Vous devez invoquer ce dysfonctionnement comme moyen de légalité, en démontrant que le dépassement du délai ne vous est pas imputable. Le juge doit apprécier si ce moyen est de nature à créer un doute sérieux.
Puis-je demander la communication des conventions conclues avec d'autres candidats ?
Oui, vous pouvez demander au juge des référés d'enjoindre à la commune de produire ces conventions, si elles sont utiles à la démonstration d'une illégalité. Le juge peut ordonner cette production.

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