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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 31 juillet 2026, n° 509076

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509076.20260731

Synthèse de la décision

Question juridique

La circonstance que le propriétaire d'un véhicule mis en fourrière ne se soit pas manifesté auprès de l'officier de police judiciaire dans le délai de dix jours est-elle de nature à exonérer l'Etat de toute responsabilité en cas de destruction du véhicule ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Pau de condamner l'Etat et la commune de Campet-et-Lamolère à lui verser 3 900 euros en réparation du préjudice subi du fait de la destruction illégale de son véhicule après sa mise en fourrière.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 8 avril 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement.
  • Le pourvoi a été transmis au Conseil d'Etat par ordonnance du président de la cour administrative d'appel de Bordeaux.
  • M. B... soutient que le jugement est entaché d'insuffisance de motivation, d'inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Pau de condamner, d’une part, l’Etat et, d’autre part, la commune de Campet-et-Lamolère, à lui verser la somme de 3 900 euros assortie des intérêts au taux légal au titre du préjudice qu’il estime avoir subi du fait de la destruction illégale de son véhicule après sa mise en fourrière. Par un jugement nos 2301587, 2301599 du 8 avril 2025, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25BX01231 du 14 octobre 2025, enregistrée le 17 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Bordeaux a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 21 mai 2025 au greffe de cette cour, présenté par M. B.... Par ce pourvoi et un nouveau mémoire, enregistré le 30 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses demandes ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Bauer-Violas, Feschotte-Desbois, Sebagh sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la route ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes ; - les conclusions de Mme Marie Sirinelli, rapporteure publique. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Bauer-Violas, Feschotte-Desbois, avocat de M. B.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché d’insuffisance de motivation, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il juge que la circonstance qu’il ne se soit pas manifesté auprès de l’officier de police judiciaire territorialement compétent dans le délai de dix jours à compter de la réception du courrier portant notification de la mise en fourrière de son véhicule est, à elle seule, de nature à exonérer l’Etat de toute responsabilité dans la destruction de ce dernier. 3. Ces moyens ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur et à la commune de Campet-et-Lamolère. Délibéré à l’issue de la séance du 18 juin 2026 : où siégeaient : M. Jérôme Marchand-Arvier, assesseur, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d’Etat et Mme Coralie Albumazard, maîtressse des requêtes-rapporteure. Rendu le 31 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jérôme Marchand-Arvier La rapporteure : Signé : Mme Coralie Albumazard Le secrétaire : Signé : M. Mickaël Lemasson La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Mon véhicule a été détruit après une mise en fourrière, puis-je obtenir une indemnisation ?
Oui, si la destruction est illégale, vous pouvez demander réparation à l'administration. Toutefois, si vous ne vous êtes pas manifesté dans le délai de dix jours après notification, cela peut exonérer l'Etat de sa responsabilité.
Quel est le délai pour récupérer mon véhicule en fourrière ?
Le délai est généralement de dix jours à compter de la notification de la mise en fourrière. Passé ce délai, le véhicule peut être détruit.
Que se passe-t-il si je ne récupère pas mon véhicule dans les délais ?
Si vous ne vous manifestez pas auprès de l'officier de police judiciaire dans le délai de dix jours, le véhicule peut être considéré comme abandonné et être détruit.
L'administration est-elle responsable si elle détruit mon véhicule sans me prévenir ?
L'administration doit vous notifier la mise en fourrière. Si elle ne le fait pas, sa responsabilité peut être engagée. En revanche, si elle vous a notifié et que vous ne réagissez pas, elle peut être exonérée.
Comment faire pour contester une décision de destruction de mon véhicule ?
Vous pouvez former un recours gracieux ou hiérarchique, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de la décision.
Quelles sont les conditions pour engager la responsabilité de l'Etat ?
Il faut démontrer une faute de l'administration, un préjudice direct et certain, et un lien de causalité entre les deux.

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