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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 25 février 2026, n° 509156

Rejet PAPC ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509156.20260225

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus d'inscription d'un enfant dans un collège public constitue-t-il une décision faisant présumer l'urgence en référé suspension, et l'instruction en famille ou au CNED offre-t-elle des garanties équivalentes à une scolarisation en collège ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, relatifs à l'urgence et à l'équivalence des garanties de l'instruction en famille ou au CNED, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille la suspension de la décision du 23 juin 2025 refusant l'inscription de sa fille A... D... au collège Jean Malrieu.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 6 octobre 2025.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait que la condition d'urgence devait être présumée remplie en raison de la rupture de scolarisation d'un enfant soumis à l'instruction obligatoire.
  • Elle contestait également que l'instruction en famille et l'inscription au CNED offrent des garanties équivalentes à une scolarisation en collège.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... B..., agissant en qualité de représentant légal de sa fille A... D..., a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 23 juin 2025 par laquelle la principale du collège Jean Malrieu à Marseille a refusé de procéder à l’inscription de sa fille. Par une ordonnance n° 2512025 du 6 octobre 2025, le juge des référés de ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 octobre et 5 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de l’éducation ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Hugo Bevort, conseiller d'Etat, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle retient que la condition d’urgence n’est pas remplie alors que cette condition devait être présumée remplie s’agissant d’une décision entraînant la rupture de la scolarisation dans un établissement d’enseignement d’un enfant soumis à l’instruction obligatoire ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle retient que le droit à l’instruction et à l’éducation dont bénéficie sa fille peut être assuré au travers d’une instruction en famille et de l’inscription au centre national d’enseignement à distance, alors que cette modalité de mise en œuvre du droit à l’instruction obligatoire n’offre pas de garantie équivalente à une scolarisation en collège et ne peut être accordée pour l’année scolaire en cours. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme C... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’éducation nationale.

Questions fréquentes

Que faire si mon enfant se voit refuser l'inscription dans un collège public ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif pour demander la suspension de la décision de refus, en invoquant l'urgence et l'atteinte grave au droit à l'éducation.
L'urgence est-elle automatiquement reconnue en cas de refus d'inscription scolaire ?
La jurisprudence considère que la rupture de la scolarisation d'un enfant soumis à l'instruction obligatoire peut constituer une situation d'urgence, mais elle doit être appréciée au cas par cas.
L'instruction en famille ou le CNED peuvent-ils remplacer une scolarisation en collège ?
Le juge vérifie si ces modalités offrent des garanties équivalentes à une scolarisation en établissement, mais cela dépend des circonstances et de la situation de l'enfant.
Quels sont les recours possibles contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit être fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est une procédure préalable par laquelle le Conseil d'État examine si le pourvoi est recevable et s'il soulève un moyen sérieux. Si ce n'est pas le cas, le pourvoi n'est pas admis.

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