Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 5 février 2026, n° 509427

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509427.20260205

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'un permis de construire est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant (irrégularité de la signature de l'ordonnance, dénaturation des pièces, erreur de droit) ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Gif-sur-Yvette a délivré un permis de construire une maison individuelle à M. D... le 23 décembre 2024.
  • M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Versailles de suspendre ce permis, demande rejetée par ordonnance du 20 octobre 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Le pourvoi soutenait trois moyens : défaut de signature de l'ordonnance, dénaturation des pièces concernant la conformité au PLU, et erreur de droit sur l'application de l'article UH 6 du règlement du PLU.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article UH 6 du règlement du plan local d'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Versailles de suspendre l’exécution de l’arrêté du 23 décembre 2024 par lequel le maire de Gif-sur-Yvette (Essonne) a délivré à M. A... D... un permis de construire une maison individuelle destinée à l’habitation, ainsi que la décision du 14 avril 2025 de rejet de son recours gracieux. Par une ordonnance n° 2510851 du 20 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 17 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Gif-sur-Yvette et de M. D... la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Bernard, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Marlange, de La Burgade, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. D... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Versailles a : - entaché celle-ci d’irrégularité faute de l’avoir régulièrement signée ; - dénaturé les pièces du dossier en estimant que le moyen tiré de ce que la demande de permis de construire ne permettait pas d’apprécier la conformité du projet aux règles du plan local d’urbanisme n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis litigieux ; - commis une erreur de droit en jugeant que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UH 6 du règlement du plan local d’urbanisme relatif à l’implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques en appréciant celle-ci par rapport à l’allée du hameau de la Fèverie n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du permis litigieux. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... B.... Copie en sera adressée à la commune de Gif-sur-Yvette et à M. A... D.... Délibéré à l'issue de la séance du 15 janvier 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Paul Bernard, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 5 février 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Paul Bernard Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire délivré à mon voisin ?
Oui, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis. Vous pouvez également demander une suspension en référé si l'urgence est justifiée.
Comment suspendre un permis de construire en urgence ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif d'une demande de suspension, en invoquant un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité du permis et en justifiant d'une urgence.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' dans le cadre d'un référé suspension ?
Un moyen sérieux est un moyen de légalité qui paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute raisonnable sur la légalité de la décision attaquée.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance, conformément à l'article R. 821-1 du code de justice administrative.
Quels sont les recours contre une décision de rejet d'une demande de suspension ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre l'ordonnance du juge des référés, dans un délai de deux mois.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.