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Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 26 mars 2026, n° 509437

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509437.20260326

Synthèse de la décision

Question juridique

Le versement d'une soulte dans le cadre d'un apport de titres peut-il être regardé comme poursuivant un but exclusivement fiscal, caractérisant un abus de droit ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, relatifs à l'erreur de droit, à la qualification juridique des faits, à la dénaturation des pièces et à la contradiction de motifs, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a réalisé un apport de titres à la société Consilium, assorti du versement d'une soulte.
  • L'administration fiscale a remis en cause cet apport, estimant qu'il poursuivait un but exclusivement fiscal et a appliqué la majoration de 80 % pour abus de droit.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge des impositions supplémentaires.
  • La cour administrative d'appel de Paris a confirmé le jugement.
  • M. A... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des cotisations d’impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l’année 2015, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2225082 du 1er octobre 2024, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA04432 du 19 septembre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 novembre 2025 et 3 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Agathe Cavaliere, auditrice, - les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boutet-Hourdeaux, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - a commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis, en jugeant que le choix d’assortir l’opération d’apport de titres réalisée au bénéfice de la société Consilium du versement d’une soulte prévue en rémunération de cet apport poursuivait un but exclusivement fiscal ; - a commis une erreur de droit, en jugeant que l’opération en cause ne pouvait être regardée comme une restructuration d’entreprises ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier, en estimant qu’il n’apportait pas la preuve que le versement de la soulte en litige était nécessaire à la réalisation de cette opération ; - a commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis, en jugeant que le versement de la soulte en litige procédait d’un abus de droit, alors que ce versement présentait un intérêt financier et non exclusivement fiscal ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier, en se fondant sur la circonstance qu’il détenait majoritairement le capital des sociétés dont les titres ont été apportés pour en déduire qu’il n’apportait pas la preuve qu’il ne lui était pas possible de passer outre les conditions mises par ses associés pour agréer l’opération, parmi lesquelles figurait le versement de la soulte en litige ; - a commis une erreur de droit et entaché sa décision de contradiction de motifs, en se fondant sur la circonstance qu’il avait directement appréhendé une partie de la soulte en litige sans en tirer de conséquences sur l’existence d’une double imposition ; - a commis une erreur de droit, en jugeant qu’il ne pouvait se prévaloir d’une méconnaissance de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour remettre en cause la majoration de 80 % pour abus de droit qui lui a été appliquée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 26 février 2026 où siégeaient : M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat, présidant ; M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat et Mme Agathe Cavaliere, auditrice-rapporteure. Rendu le 26 mars 2026. Le président : Signé : M. Nicolas Polge La rapporteure : Signé : Mme Agathe Cavaliere Le secrétaire : Signé : M. Gilles Ho La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'abus de droit fiscal ?
L'abus de droit fiscal est une procédure permettant à l'administration de écarter les actes qui, ayant un but exclusivement fiscal, ne peuvent être justifiés par un autre motif.
Quelle est la majoration applicable en cas d'abus de droit ?
La majoration pour abus de droit est de 80 % des droits supplémentaires mis à la charge du contribuable.
Comment contester une décision de l'administration fiscale ?
Le contribuable peut saisir le tribunal administratif, puis la cour administrative d'appel, et enfin le Conseil d'État en cassation.
Qu'est-ce qu'une soulte dans un apport de titres ?
Une soulte est une somme d'argent versée en complément de l'échange de titres pour équilibrer la valeur des apports.
Quel est le rôle du Conseil d'État dans un pourvoi en cassation ?
Le Conseil d'État juge si la décision de la cour administrative d'appel est conforme au droit, sans rejuger les faits.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit soulever un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit ou de qualification juridique des faits susceptible de remettre en cause la décision.

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