Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 12 mars 2026, n° 509612

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509612.20260312

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension de la résiliation d'un contrat d'amodiation portant sur des places de stationnement appartenant au domaine public est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SCI Burazur a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice de suspendre l'exécution de la quatorzième délibération du conseil municipal de Beausoleil du 18 juin 2025 et de la décision du maire du 30 juin 2025 résiliant une amodiation.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 24 octobre 2025.
  • La SCI Burazur a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Les places de stationnement objet du contrat d'amodiation appartiennent au domaine public de la commune.
  • La SCI Burazur soutenait que le retrait de l'amodiation n'était pas possible sur le fondement de l'article 13 du contrat et de l'article 30 de la convention de concession, que les décisions n'étaient pas suffisamment motivées et que l'article 23 de la convention de concession ne lui était pas opposable.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile immobilière (SCI) Burazur a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution, d’une part, de la quatorzième délibération du conseil municipal de Beausoleil du 18 juin 2025 qui confirme la décision de cession des emplacements de stationnement sis 33 boulevard du général Leclerc au sein du lot n°5 de l’ensemble immobilier « Le Forum », autorise le maire à accomplir tous les actes nécessaires à la résiliation des contrats d’amodiation conclus avec elle-même et la société Segefi ainsi que des contrats de location avec les particuliers et approuve la procédure d’appel à manifestation d’intérêt, et d’autre part, de la décision du maire de Beausoleil du 30 juin 2025 résiliant à compter du 1er septembre 2025 l’amodiation dont elle était titulaire. Par une ordonnance n° 2505398 du 24 octobre 2025, le juge des référés du tribunal a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 10, 25 et 26 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la SCI Burazur demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Beausoleil la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la propriété des personnes publiques ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Emile Blondet, auditeur, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger & Zajdela, avocat de la SCI Burazur ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la société Burazur soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Nice : - l’a entachée d’irrégularité faute pour la minute d’être revêtue des signatures requises ; - a commis une erreur de droit ou, à tout le moins, dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les places de stationnement faisant l’objet du contrat d’amodiation conclu avec elle appartiennent au domaine public de la commune ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’aucun des moyens soulevés n’était, en l’état de l’instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, alors que le retrait de l’amodiation n’était pas possible sur le fondement de l’article 13 du contrat d’amodiation et de l’article 30 de la convention de concession du parking, que les décisions attaquées ne sont pas suffisamment motivées et que l’article 23 de la convention de concession, invoqué par la commune pour justifier la résiliation du contrat d’amodiation, ne lui est pas opposable, faute d’être partie à ce contrat. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Burazur n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Burazur. Copie en sera adressée à la commune de Beausoleil.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une amodiation ?
Une amodiation est un contrat par lequel une personne publique confie à un tiers l'exploitation d'une dépendance du domaine public, moyennant une redevance.
Puis-je contester la résiliation de mon amodiation ?
Oui, vous pouvez contester la résiliation devant le juge administratif, notamment en référé suspension si vous invoquez un moyen sérieux et une urgence.
Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une décision administrative ?
Il faut démontrer une situation d'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Que se passe-t-il si le Conseil d'État refuse d'admettre mon pourvoi ?
Le refus d'admission signifie que votre pourvoi est irrecevable ou non fondé sur un moyen sérieux, et la décision attaquée devient définitive.
Les places de stationnement d'une commune sont-elles toujours sur le domaine public ?
En général, les places de stationnement affectées à l'usage du public font partie du domaine public, mais cela dépend de leur aménagement et de leur affectation.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.