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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 20 février 2026, n° 509668

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509668.20260220

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'une exclusion temporaire de formation d'aide-soignant est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la sanction ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de l'irrégularité de la procédure disciplinaire, de l'erreur de qualification des faits et du caractère disproportionné de la sanction, n'étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Faits clés

  • Mme B... a été exclue de la formation d'aide-soignant pour deux ans par une décision du 9 septembre 2025 de la section disciplinaire de l'institut de formation d'aide-soignant du GRETA.
  • Elle a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil de suspendre cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Par ordonnance du 28 octobre 2025, le juge des référés a rejeté sa demande.
  • Mme B... s'est pourvue en cassation contre cette ordonnance, invoquant trois moyens : irrégularité de la procédure disciplinaire, erreur de qualification des faits (absence de manquement à la discrétion professionnelle) et disproportion de la sanction.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 9 septembre 2025 par laquelle la section disciplinaire de l’institut de formation d’aide-soignant du groupement d’établissements (GRETA) ayant son siège au lycée professionnel Hélène Boucher à Tremblay-en-France l’a exclue de la formation d’aide-soignant pour deux ans. Par une ordonnance n° 2518381 du 28 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 et 27 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge du groupement d’intérêt public « formation continue et insertion professionnelle » de Créteil la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Aurélien Gloux-Saliou, maître des requêtes, - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Montreuil qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle retient que n’est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée le moyen tiré de ce que cette décision a été prise au terme d’une procédure irrégulière, faute de faire apparaître les noms et qualités des membres de la section disciplinaire ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle retient que n’est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée le moyen tiré de ce que cette décision lui reproche à tort un manquement à l’obligation de discrétion professionnelle, alors que les propos qu’il lui est fait grief d’avoir tenus, publiés anonymement sur le réseau social Facebook, ne permettaient pas d’identifier les personnes et le service qu’ils mettaient en cause ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle retient que n’est pas propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée le moyen tiré de ce que cette décision lui inflige une sanction disproportionnée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B....

Questions fréquentes

Puis-je demander la suspension d'une exclusion de formation d'aide-soignant ?
Oui, vous pouvez saisir le juge des référés en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à condition de démontrer l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Qu'est-ce qu'un 'doute sérieux' ?
Un doute sérieux est une contestation suffisamment fondée sur la légalité de la décision administrative, par exemple une irrégularité de procédure, une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation.
Comment se déroule la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux. Si elle est refusée, le pourvoi est rejeté sans examen au fond.
Une sanction disciplinaire peut-elle être disproportionnée ?
Oui, une sanction disciplinaire doit être proportionnée à la gravité des faits. Si elle est manifestement disproportionnée, elle peut être annulée ou suspendue par le juge.
Puis-je être sanctionné pour des propos publiés anonymement sur les réseaux sociaux ?
Cela dépend. Si les propos portent atteinte à la discrétion professionnelle ou à la réputation de l'établissement, ils peuvent justifier une sanction, même publiés anonymement, s'ils permettent d'identifier l'auteur ou les personnes visées.

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