Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 26 mai 2026, n° 509816

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509816.20260526

Synthèse de la décision

Question juridique

L'interdiction d'exercer des fonctions sportives prévue par l'article L. 212-13 du code du sport peut-elle être prononcée à l'encontre d'un entraîneur bénévole et constitue-t-elle une sanction ayant le caractère d'une punition ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a fait l'objet d'un arrêté du préfet des Pyrénées-Atlantiques du 6 mai 2022 lui interdisant pour dix ans d'exercer des fonctions mentionnées aux articles L. 212-1, L. 223-1 et L. 322-7 du code du sport, ou d'intervenir auprès de mineurs dans les établissements d'activités physiques et sportives.
  • Le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande d'annulation par jugement du 25 octobre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté son appel par arrêt du 28 août 2025.
  • M. A... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, soutenant notamment que l'interdiction ne peut pas être prononcée contre un entraîneur bénévole et qu'elle constitue une sanction pénale.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 212-13 du code du sport article L. 212-1 du code du sport article L. 223-1 du code du sport article L. 322-7 du code du sport article L. 322-1 du code du sport article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Pau d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 6 mai 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a interdit pour dix ans d’exercer les fonctions mentionnées aux articles L. 212-1, L. 223-1 et L. 322-7 du code du sport, ou d’intervenir auprès de mineurs au sein des établissements d’activités physiques et sportives mentionnés à l’article L. 322-1 du même code. Par un jugement n° 2201117 du 25 octobre 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23BX03131 du 28 août 2025, la cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 novembre 2025 et 17 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du sport ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Julien Eche, maître des requêtes, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la Selas Waquet, Farge, Hazan, Féliers, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’irrégularité, en omettant de viser son moyen tiré de ce que le jugement méconnait la présomption d’innocence, et d’insuffisance de motivation faute d’y répondre ; - d’insuffisance de motivation, d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en écartant les moyens tirés de la méconnaissance des principes d’interprétation stricte et de non-rétroactivité de la loi pénale au motif que l’interdiction d’exercer prévue par l’article L. 212-13 du code du sport ne constitue pas une sanction ayant le caractère d’une punition ; - d’erreur de droit en jugeant que l’interdiction d’exercer prévue par l’article L. 212-13 peut être prononcée à l’encontre d’un entraîneur à titre bénévole ; - d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en retenant que la décision d’interdiction dont il fait l’objet est justifiée et proportionnée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative. Délibéré à l’issue de la séance du 16 avril 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, assesseur et M. Julien Eche, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 26 mai 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Julien Eche La secrétaire : Signé : Mme Sandrine Mendy

Questions fréquentes

Un entraîneur bénévole peut-il être interdit d'exercer ?
Oui, l'interdiction d'exercer prévue par l'article L. 212-13 du code du sport peut être prononcée à l'encontre d'un entraîneur bénévole, comme l'a confirmé le Conseil d'État dans cette décision.
L'interdiction d'exercer est-elle une sanction pénale ?
Non, selon la jurisprudence, l'interdiction d'exercer prévue par l'article L. 212-13 du code du sport ne constitue pas une sanction ayant le caractère d'une punition, mais une mesure administrative de police.
Comment contester une interdiction d'exercer ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis un appel devant la cour administrative d'appel, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Quelle est la procédure devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quelle est la durée maximale d'une interdiction d'exercer ?
La durée de l'interdiction est fixée par l'autorité administrative, dans la limite prévue par les textes. En l'espèce, l'interdiction était de dix ans.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.