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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 29 avril 2026, n° 509853

Rejet PAPC ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:509853.20260429

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel statuant sur renvoi après cassation est-il admis lorsque le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 6 de la CESDH en raison du caractère disproportionné de la pénalité de 40 % prévue à l'article 1728 du CGI n'est pas fondé ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, le moyen soulevé par la société requérante n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Cadanor a été assujettie à des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution annuelle sur les revenus locatifs au titre des années 2013 à 2015, assorties de pénalités.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande de décharge par jugement du 15 février 2021.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel par arrêt du 14 avril 2023.
  • Le Conseil d'État a annulé cet arrêt en tant qu'il avait omis de se prononcer sur les conclusions relatives aux pénalités de 40 % fondées sur l'article 1728 du CGI, et a renvoyé l'affaire devant la même cour.
  • La cour administrative d'appel de Marseille, statuant sur renvoi, a rejeté le surplus de l'appel par arrêt du 18 septembre 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 1728 du code général des impôts article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Cadanor a demandé au tribunal administratif de Toulon de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et de contribution annuelle sur les revenus locatifs auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2015 ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 1900196 du 15 février 2021, ce tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 21MA01425 du 14 avril 2023, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par la société Cadanor contre ce jugement. Par une décision n° 475105 du 31 mars 2025, le Conseil d’Etat, statuant au contentieux a annulé cet arrêt en tant qu’il a omis de se prononcer sur les conclusions tendant à la décharge des pénalités de 40 % établies sur le fondement des dispositions du b du 1 de l’article 1728 du code général des impôts et renvoyé l’affaire, dans cette mesure, devant la cour administrative d’appel de Marseille. Par un arrêt n° 25MA00854 du 18 septembre 2025, la cour administrative d’appel de Marseille, statuant sur renvoi du Conseil d’Etat, a rejeté le surplus de l’appel formé par la société Cadanor contre le jugement du tribunal administratif de Toulon. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 novembre 2025 et 16 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Cadanor demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Paul Levasseur, auditeur, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Piwnica & Molinié, avocat de la société Cadanor ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Cadanor soutient que la cour administrative d’appel de Marseille a méconnu les stipulations de l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en jugeant que la pénalité de 40 % prévue par l’article 1728 du code général des impôts n’était pas disproportionnée alors que, d’une part, elle a répondu à la mise en demeure envoyée par l’administration fiscale en exposant sa situation et les motifs de fait et de droit pour lesquels elle n’avait pas déposé de déclaration d’impôt sur les sociétés, d’autre part, cette mise en demeure lui avait été adressée sans motif sérieux. 3. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Cadanor n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Cadanor. Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 2 avril 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et M. Paul Levasseur, auditeur-rapporteur. Rendu le 29 avril 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte Le rapporteur : Signé : M. Paul Levasseur La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Quelle est la procédure pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Il fait l'objet d'une procédure préalable d'admission.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée. S'il n'est pas fondé, le pourvoi est refusé.
La pénalité de 40 % pour défaut de déclaration est-elle disproportionnée ?
Dans cette affaire, le Conseil d'État a jugé que le moyen tiré de la disproportion n'était pas sérieux, donc la pénalité a été maintenue. La proportionnalité s'apprécie au cas par cas.
Comment contester une pénalité fiscale devant le juge administratif ?
Il faut d'abord adresser une réclamation à l'administration fiscale, puis saisir le tribunal administratif. En cas de rejet, un appel peut être formé devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Quel est le rôle du Conseil d'État dans un pourvoi en cassation ?
Le Conseil d'État vérifie que les juges du fond ont correctement appliqué le droit. Il ne rejuge pas les faits, mais contrôle la légalité de la décision attaquée.
Que signifie 'renvoi après cassation' ?
Lorsque le Conseil d'État annule une décision, il renvoie l'affaire devant une juridiction de même nature pour qu'elle soit rejugée, en tenant compte de la décision de cassation.

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