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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 18 mars 2026, n° 510000

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510000.20260318

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA rejetant une demande d'asile est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant (irrégularité pour défaut de signature, insuffisance de motivation, dénaturation, erreur de qualification juridique) ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé l'asile à l'OFPRA, qui a rejeté sa demande le 28 août 2024.
  • La CNDA a rejeté son recours le 6 juin 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État le 21 novembre 2025.
  • Il soutenait notamment que la CNDA n'avait pas examiné les risques spécifiques encourus par les agents vaccinateurs au Pakistan.
  • Il invoquait également l'existence d'une violence généralisée dans la province de Khyber Pakhtunkhwa.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d’annuler la décision du 28 août 2024 par laquelle le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d’asile et de lui reconnaître la qualité de réfugié ou, à défaut, de lui accorder le bénéfice de la protection subsidiaire. Par une décision n° 24050134 du 6 juin 2025, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté sa demande. Par un pourvoi, enregistré le 21 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 000 euros, à verser à la SCP Fabiani, Pinatel, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Emmanuel Weicheldinger, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Fabiani, Pinatel, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’irrégularité, faute de signature de la minute de la décision ; - d’insuffisance de motivation en ce qu’elle n’examine pas les risques de sécurité auxquels les agents vaccinateurs employés dans les campagnes officielles de vaccination au Pakistan sont spécifiquement exposés ; - d’insuffisance de motivation, de dénaturation des pièces du dossier et d’erreur de qualification juridique des faits en ce qu’elle écarte l’existence d’une situation de violence généralisée d’intensité exceptionnelle au sens du 3° du L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans la province de Khyber Pakhtunkhwa. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 19 février 2026 où siégeaient : Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Emmanuel Weicheldinger, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 18 mars 2026. La présidente : Signé : Mme Rozen Noguellou Le rapporteur : Signé : M. Emmanuel Weicheldinger La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Quelle est la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels moyens peuvent être soulevés dans un pourvoi contre une décision de la CNDA ?
Les moyens peuvent porter sur la régularité de la décision (ex. signature), l'insuffisance de motivation, la dénaturation des pièces, ou l'erreur de qualification juridique des faits.
Qu'est-ce que la protection subsidiaire ?
La protection subsidiaire est une protection internationale accordée à une personne qui ne remplit pas les conditions pour être réfugié mais qui risque de subir des menaces graves (peine de mort, torture, violence généralisée) dans son pays.
Comment établir l'existence d'une violence généralisée dans un pays ?
Il faut apporter des éléments concrets et actualisés (rapports d'ONG, articles de presse, témoignages) démontrant que la violence atteint un niveau d'intensité exceptionnelle et que la personne est exposée à un risque réel.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision de la CNDA.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la CNDA devient définitive et vous ne pouvez plus la contester.

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