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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 16 juin 2026, n° 510062

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510062.20260616

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'un arrêté d'expulsion et de retrait de titre de séjour est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a fait l'objet d'un arrêté du préfet de la Côte-d'Or le 14 août 2025 prononçant son expulsion du territoire français et lui retirant son titre de séjour.
  • M. A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Dijon la suspension de cet arrêté sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Par ordonnance du 28 octobre 2025, le juge des référés a rejeté sa demande.
  • M. A... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens du pourvoi et a décidé de ne pas l'admettre.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Dijon, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 14 août 2025 par lequel le préfet de la Côte-d’Or a prononcé son expulsion du territoire français et lui a retiré son titre de séjour. Par une ordonnance n° 2503832 du 28 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 7 novembre et 9 décembre 2025, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - la convention internationale relative aux droits de l’enfant ; - le code de l’entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d’asile ; - le code de justice administrative. Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Hadrien Tissandier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit et de dénaturation des faits de la cause en retenant que le principe du contradictoire a été respecté devant la commission d’expulsion ; - de dénaturation des pièces du dossier en estimant que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation quant à l’existence d’une menace grave pour l’ordre public n’est pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté d’expulsion ; - de dénaturation des pièces du dossier en estimant que les moyens tirés de la violation de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et du paragraphe 1 de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant n’apparaissent pas, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 21 mai 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, président de chambre, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Hadrien Tissandier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 16 juin 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban Le rapporteur : Signé : M. Hadrien Tissandier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Puis-je être expulsé si j'ai des enfants en France ?
L'expulsion peut être prononcée même si vous avez des enfants en France, mais le juge doit prendre en compte l'intérêt supérieur de l'enfant et votre droit au respect de votre vie privée et familiale. En l'espèce, le Conseil d'État a estimé que les moyens soulevés n'étaient pas sérieux.
Quels sont les recours contre une décision d'expulsion ?
Vous pouvez demander au juge des référés la suspension de la mesure en urgence, puis former un recours en annulation devant le tribunal administratif. En cas de rejet, vous pouvez vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission.
Comment obtenir la suspension d'une mesure d'expulsion ?
Vous devez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Qu'est-ce qu'une menace grave pour l'ordre public ?
C'est une notion appréciée par l'administration et le juge, qui peut justifier une expulsion. Elle doit être fondée sur des faits précis et graves, et non sur une simple inquiétude.
Le retrait de titre de séjour est-il automatique en cas d'expulsion ?
Non, le retrait du titre de séjour est une mesure distincte qui peut accompagner l'expulsion, mais il doit être motivé et peut être contesté séparément.
Puis-je contester une ordonnance de référé qui rejette ma demande ?
Oui, vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi doit être admis. En l'espèce, le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi faute de moyen sérieux.

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