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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 19 juin 2026, n° 510072

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510072.20260619

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour administrative d'appel a-t-elle commis une erreur de droit en jugeant que l'administration avait établi l'absence de réalité d'une prestation de service, justifiant la réintégration de la charge correspondante dans les résultats imposables ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, n'étaient pas de nature à justifier l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La SARL Ben Touch a demandé la réduction de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale au titre des exercices 2012 et 2013.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande après un dégrèvement partiel.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel de la société.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • La société soutenait que la cour avait commis une erreur de droit et dénaturé les pièces en jugeant que l'administration avait établi l'absence de réalité d'une prestation d'étude de faisabilité.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article 39 du code général des impôts article 209 du code général des impôts article L.761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société à responsabilité limitée (SARL) Ben Touch a demandé au tribunal administratif de Nantes de prononcer, d’une part, la réduction de la cotisation supplémentaire d’impôt sur les sociétés et la décharge de la contribution sociale sur cet impôt auxquelles elle a été assujettie au titre de l’exercice clos en 2012 et, d’autre part, la réduction des cotisations supplémentaires d’impôt sur les sociétés et de contribution sociale sur cet impôt auxquelles elle a été assujettie au titre de l’exercice clos en 2013, ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2010829 du 3 octobre 2024, ce tribunal, après avoir constaté n’y avoir lieu de statuer à hauteur d’un dégrèvement intervenu en cours d’instance, a rejeté le surplus de sa demande. Par un arrêt n° 24NT03360 du 23 septembre 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par la SARL Ben Touch contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 novembre 2025 et 25 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Ben Touch demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Cyril Noël, maître des requêtes ; - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Hannotin Avocats, avocat de la société Ben Touch ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 28 mai 2026, présentée par la société Ben Touch ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Ben Touch soutient que la cour administrative d’appel de Nantes : - a commis une erreur de droit au regard des articles 39 et 209 du code général des impôts et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant, sans avoir respecté les règles particulières gouvernant la dialectique de la preuve de la déductibilité des charges en présence d’une facture, que l’administration avait établi l’absence de réalité de la prestation en litige ; - a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et commis une erreur de droit au regard des articles 39 et 209 du code général des impôts en jugeant que la réalité de la prestation d’étude de faisabilité n’était pas établie par les éléments qu’elle avait produits. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à justifier l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Ben Touch n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société à responsabilité limitée Ben Touch. Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 21 mai 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Cyril Noël, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 19 juin 2026 La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti Le rapporteur : Signé : M. Cyril Noël Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Puis-je déduire une charge si je n'ai pas de facture ?
En principe, une charge doit être justifiée par des pièces probantes. L'absence de facture peut être un indice de non-déductibilité, mais d'autres éléments peuvent être apportés pour prouver la réalité de la prestation.
Comment prouver la réalité d'une prestation de service pour la déduire fiscalement ?
Il faut apporter des éléments objectifs : contrat, comptes rendus, livrables, témoignages, etc. L'administration peut contester si elle estime que la prestation n'est pas réelle.
Que faire si l'administration fiscale conteste la déductibilité d'une charge ?
Vous pouvez contester la rectification par une réclamation préalable, puis saisir le tribunal administratif. En cas de rejet, un appel devant la cour administrative d'appel est possible, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation doit d'abord être admis par le Conseil d'État. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens de cassation recevables devant le Conseil d'État ?
Les moyens de cassation sont notamment l'erreur de droit, la dénaturation des faits, l'incompétence, le vice de forme, etc. Ils doivent être sérieux pour justifier l'admission.
Quelle est la charge de la preuve en matière de déductibilité des charges ?
En principe, il appartient au contribuable de justifier la réalité et la déductibilité des charges. L'administration peut apporter la preuve contraire.

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