Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 20 février 2026, n° 510168

QPC M-Refus transmission (ADD) Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510168.20260220

Synthèse de la décision

Question juridique

La question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. B... à l'encontre des dispositions de la loi du 6 janvier 1978 et du code de la sécurité intérieure présente-t-elle un caractère sérieux justifiant son renvoi au Conseil constitutionnel ?

Principe retenu

Une question prioritaire de constitutionnalité ne peut être renvoyée au Conseil constitutionnel que si la disposition contestée est applicable au litige, n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution, et si la question est nouvelle ou présente un caractère sérieux. En l'espèce, la question n'est pas nouvelle et ne présente pas un caractère sérieux, faute de précisions suffisantes sur les moyens invoqués.

Faits clés

  • M. B... a saisi la CNIL d'une plainte relative à l'accès aux enregistrements audio et vidéo effectués par la société de transport urbain RD-Ardenne Métropole à bord d'un autobus où se trouvait sa sœur au moment de son décès.
  • La CNIL a implicitement rejeté sa plainte.
  • M. B... a demandé au Conseil d'État l'annulation de cette décision implicite.
  • À l'appui de sa requête, il a soulevé une QPC visant plusieurs dispositions législatives et réglementaires.
  • Le Conseil d'État a examiné la recevabilité et le bien-fondé de la QPC.

Articles cités

article 23-5 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 article 10 du décret n° 2019-536 du 29 mai 2019 articles 20, 21, 85 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 articles L. 251-1 à L. 253-5 du code de la sécurité intérieure article 15 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par un mémoire distinct, enregistré le 27 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’État, M. A... B... demande au Conseil d’État, en application de l’article 23-5 de l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 et à l’appui de sa requête tendant à l’annulation de la décision implicite par laquelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a rejeté sa plainte relative à l’accès aux enregistrements audio et vidéo effectués par la société exploitante du réseau de transport urbains RD-Ardenne Métropole à bord de l’autobus où se trouvait sa sœur au moment de son décès, de renvoyer au Conseil constitutionnel la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions de l’article 10 du décret n° 2019-536 du 29 mai 2019, des articles 20, 21, 85 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, des articles L. 251-1 à L. 253-5 du code de la sécurité intérieure et de l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution, notamment son Préambule et son article 61-1 ; - l’ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ; - le code de la sécurité intérieure ; - la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Isabelle Lemesle, conseillère d'Etat, - les conclusions de M. Frédéric Puigserver, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boutet-Hourdeaux, avocat de M. A... B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes du premier alinéa de l’article 23-5 de l’ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel : « Le moyen tiré de ce qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé (…) à l’occasion d’une instance devant le Conseil d’État (…) Le moyen est présenté, à peine d'irrecevabilité, dans un mémoire distinct et motivé (…)». Il résulte des dispositions de ce même article que le Conseil constitutionnel est saisi de la question prioritaire de constitutionnalité à la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure, qu’elle n’ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement des circonstances, et que la question soit nouvelle ou présente un caractère sérieux. 2. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 1 que ni les dispositions du décret du 29 mai 2019 pris pour l'application de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, ni celles de l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ne sont susceptibles de faire l’objet d’une question prioritaire de constitutionnalité, qui ne peut porter que sur des dispositions législatives. 3. En deuxième lieu, si M. B... soutient que l’article 85 de la loi du 6 janvier 1978, qui régit les traitements de données à caractère personnel relatives aux personnes décédées, au motif qu’il ferait obstacle à l’exercice de leurs droits par les héritiers du défunt, les articles 20 et 21 de la même loi, relatifs aux mesures correctrices et aux sanctions susceptibles d’être prononcées par la Commission nationale de l’informatique et des libertés, au motif qu’ils ne prévoiraient pas de sanctions suffisamment dissuasives et efficaces, et les articles L. 251-1 à L. 253-3 du code de la sécurité intérieure, relatifs à la vidéoprotection, au motif qu’ils ne prévoiraient pas de sanctions pénales pour la violation des interdictions qu’ils édictent en ce qui concerne les enregistrements dans les transports publics, méconnaîtraient divers droits et libertés garantis par la Constitution, il n’assortit toutefois pas ses écritures des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. 4. Il résulte de tout ce qui précède qu’à supposer les dispositions législatives contestées applicables au litige, la question prioritaire de constitutionnalité soulevée, qui n’est pas nouvelle, ne présente pas un caractère sérieux. Par suite, il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel. D E C I D E : -------------- Article 1er : Il n’y a pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par M. B.... Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au Conseil constitutionnel et à la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Délibéré à l'issue de la séance du 22 janvier 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; Mme Rozen Noguellou, conseillère d'Etat et Mme Isabelle Lemesle, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 20 février 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta La rapporteure : Signé : Mme Isabelle Lemesle La secrétaire : Signé : Mme Sylvie Leporcq

Questions fréquentes

Puis-je accéder aux enregistrements vidéo d'un lieu public où un proche est décédé ?
L'accès à ces enregistrements peut être demandé à la CNIL, mais il est soumis à des conditions. En cas de refus, vous pouvez contester la décision devant le juge administratif.
Comment contester une décision de la CNIL ?
Vous pouvez saisir le juge administratif, notamment le Conseil d'État en premier et dernier ressort, pour demander l'annulation de la décision implicite ou explicite de la CNIL.
Qu'est-ce qu'une question prioritaire de constitutionnalité ?
C'est une procédure permettant de contester la conformité d'une loi aux droits et libertés garantis par la Constitution, à l'occasion d'un procès. Elle est examinée par le Conseil d'État ou la Cour de cassation, qui peut la renvoyer au Conseil constitutionnel.
Les héritiers peuvent-ils exercer les droits des personnes décédées sur leurs données personnelles ?
L'article 85 de la loi Informatique et Libertés prévoit des conditions spécifiques pour les données des personnes décédées. Les héritiers peuvent demander l'accès ou la clôture des traitements, mais cela dépend des circonstances.
La vidéoprotection dans les transports publics est-elle légale ?
Oui, sous certaines conditions prévues par le code de la sécurité intérieure. Les enregistrements doivent respecter les règles de protection des données et les finalités doivent être légitimes.
Que faire si la CNIL rejette ma plainte ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.