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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 17 février 2026, n° 510181

Rejet PAPC ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510181.20260217

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension d'une sanction disciplinaire est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a été sanctionnée d'une exclusion temporaire de six mois par le maire de Hénin-Beaumont le 8 août 2025.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Lille a suspendu cette sanction et ordonné la réintégration provisoire de Mme B...
  • La commune de Hénin-Beaumont a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • La commune soutenait une irrégularité de procédure, une erreur de droit sur le doute sérieux, et une insuffisance de motivation sur l'urgence.
  • Le Conseil d'Etat a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 522-8 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lille, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, de suspendre l’exécution de la décision du 8 août 2025 par laquelle le maire de Hénin-Beaumont lui a infligé une sanction d’exclusion temporaire des fonctions pour une durée de six mois. Par une ordonnance n° 2510406 du 12 novembre 2025, la juge des référés de ce tribunal a suspendu l’exécution de cet arrêté et a enjoint au maire de Hénin-Beaumont de réintégrer provisoirement Mme B... dans le délai d’un mois à compter de la notification de sa décision et de réexaminer sa situation disciplinaire au regard des faits reprochés avérés. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 novembre et 12 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune de Hénin-Beaumont demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter la demande de Mme B.... Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la fonction publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Charlotte Galland, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL cabinet Briard, Bonichot et Associés, avocat de la commune d'Hénin-Beaumont ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune de Hénin-Beaumont soutient que la juge des référés du tribunal administratif de Lille : - l’a rendue à l’issue d’une procédure irrégulière, en méconnaissance de l’article R. 522-8 du code de justice administrative, dès lors qu’il ne ressort pas des termes de l’ordonnance que les parties ont été averties, à l’issue de l’audience, du report de clôture, si bien que la communication d’un mémoire produit après l’audience a rouvert l’instruction qui n’a pas été close avant le prononcé de la décision juridictionnelle ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction était de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté ; - a insuffisamment motivé sa décision, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en estimant que la condition d’urgence était remplie sans prendre en compte l’intérêt du service. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Hénin-Beaumont n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée au maire de Hénin-Beaumont. Copie en sera adressée à Mme A... B.... Délibéré à l'issue de la séance du 29 janvier 2026 où siégeaient : Mme Sylvie Pellissier, conseillère d'Etat, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et Mme Charlotte Galland, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 17 février 2026. La présidente : Signé : Mme Sylvie Pellissier La rapporteure : Signé : Mme Charlotte Galland La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Puis-je contester une sanction disciplinaire en référé ?
Oui, vous pouvez demander au juge des référés de suspendre l'exécution de la sanction si l'urgence est justifiée et s'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une sanction ?
Il faut démontrer l'urgence (préjudice grave et immédiat) et soulever un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment faire un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois, et il doit passer par une procédure d'admission : il ne sera admis que s'il est fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit ou une dénaturation des faits.
La procédure disciplinaire doit-elle respecter des règles particulières ?
Oui, la procédure disciplinaire doit respecter les droits de la défense, notamment la communication du dossier, la possibilité de présenter des observations, et la motivation de la sanction.
Quel est le rôle du juge des référés en matière disciplinaire ?
Le juge des référés peut suspendre une sanction disciplinaire s'il y a urgence et un doute sérieux sur sa légalité, mais il ne peut pas annuler la sanction, cela relève du juge du fond.

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