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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 20 mai 2026, n° 510242

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510242.20260520

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de prolonger la conservation des gamètes d'un époux décédé et d'en permettre l'exportation pour une PMA posthume est-il conforme au droit au respect de la vie privée et familiale ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés de la dénaturation des pièces et de la méconnaissance des articles 8 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a demandé l'annulation de la décision du 17 octobre 2022 refusant de prolonger la conservation des gamètes de son époux décédé.
  • Le tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande le 4 avril 2024.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel le 27 octobre 2025.
  • Mme A... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Elle soutenait que son époux avait consenti à l'utilisation de ses gamètes après son décès et que le refus portait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 2141-2 du code de la santé publique article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A..., née D..., a demandé au tribunal administratif de Rennes d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 17 octobre 2022 par laquelle la directrice de la qualité, gestion des risques et relation avec les usagers du centre hospitalier universitaire de Rennes a refusé de prolonger la conservation des gamètes déposés par son époux décédé, M. C... A..., au centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains et d’enjoindre au tribunal de prendre toutes mesures utiles pour conserver les paillettes de M. A... et d’en permettre l’exportation vers un établissement médical de l’Union européenne qui accepterait de pratiquer une telle procréation médicalement assistée. Par un jugement n° 2206300 du 4 avril 2024, le tribunal administratif de Rennes a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 24NT01590 du 27 octobre 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par Mme A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 1er décembre 2025 et 2 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Rennes la somme de 3 000 euros à la verser à la SCP Poupet, Kacenelenbogen, son avocat, titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Poupet, Kacenelenbogen, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme A... soutient que : - la cour administrative d’appel a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que son époux n’avait pas conscience de l’imminence de son décès et n’avait pas consenti à l’utilisation de ses gamètes pour la poursuite de leur projet parental après celui-ci ; - elle a commis une erreur de droit en jugeant que l’article L. 2141-2 du code de la santé publique ne méconnaissait pas l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et que la décision attaquée ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale, garanti par l’article 8 de cette convention et au principe de non-discrimination garanti par son article 14. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée au centre hospitalier universitaire de Rennes.

Questions fréquentes

Puis-je utiliser les gamètes de mon conjoint décédé pour une PMA ?
En France, l'utilisation des gamètes d'un défunt pour une PMA est soumise à des conditions strictes, notamment le consentement écrit du défunt. En l'absence de ce consentement, le refus est légal.
Quelles sont les conditions pour conserver les gamètes après le décès ?
La conservation des gamètes après le décès est possible si le défunt a consenti à la conservation et à l'utilisation de ses gamètes dans le cadre d'un projet parental. Le refus de prolonger la conservation peut être contesté.
Le refus de conserver les gamètes de mon époux décédé est-il légal ?
Le refus est légal s'il est fondé sur l'absence de consentement du défunt ou sur les dispositions du code de la santé publique. Il peut être contesté devant le juge administratif.
Puis-je exporter les gamètes de mon conjoint décédé vers un autre pays ?
L'exportation de gamètes est soumise à des règles strictes. En cas de refus, vous pouvez former un recours, mais le juge vérifie la conformité de la décision avec les droits fondamentaux.
Quel est le délai pour contester un refus de conservation de gamètes ?
Le délai de recours contentieux est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision. Il est recommandé de consulter un avocat rapidement.
Quels sont mes droits si le centre hospitalier refuse de conserver les gamètes ?
Vous pouvez contester la décision devant le tribunal administratif. Le juge vérifie si la décision est conforme à la loi et aux droits fondamentaux, notamment le droit au respect de la vie privée et familiale.

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