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Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 29 juin 2026, n° 510265

Renvoi partiel incompétence Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510265.20260629

Synthèse de la décision

Question juridique

Le Conseil d'État est-il compétent pour statuer sur un pourvoi contre un jugement du tribunal administratif statuant sur une demande de décharge de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, commerciaux, de stockage et de stationnement en Île-de-France, alors que cette taxe n'a pas le caractère d'un impôt local ?

Principe retenu

La taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement en Île-de-France, régie par l'article 231 ter du code général des impôts, n'a pas le caractère d'un impôt local. Par suite, le tribunal administratif ne statue pas en premier et dernier ressort sur les litiges relatifs à cette taxe, et les jugements correspondants sont susceptibles d'appel devant la cour administrative d'appel.

Faits clés

  • La société des Prés a demandé au tribunal administratif de Melun la décharge des cotisations de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement pour les années 2018 à 2021.
  • Le tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande par un jugement du 1er octobre 2025.
  • La société des Prés a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre ce jugement.
  • Le Conseil d'État a constaté que la taxe en cause n'a pas le caractère d'un impôt local.
  • Le Conseil d'État a jugé que le tribunal administratif n'avait pas statué en premier et dernier ressort.

Articles cités

article 231 ter du code général des impôts article R. 811-1 du code de justice administrative article R. 351-1 du code de justice administrative article R. 322-1 du code de justice administrative article R. 221-7 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société des Prés a demandé au tribunal administratif de Melun de prononcer la décharge des cotisations de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 à 2021 ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement n° 2205740 du 1er octobre 2025, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 1er décembre 2025 et 13 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société des Prés demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Serge Gouès, conseiller d’Etat, - les conclusions de Mme Céline Guibé, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet Munier-Apaire, avocat de la société des Prés ; Considérant ce qui suit : La demande que la société des Prés a présentée au tribunal administratif de Melun tend à la décharge de cotisations de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement en Ile-de-France, régie par l’article 231 ter du code général des impôts, qui n’a pas le caractère d’un impôt local. Elle n’entre, dès lors, dans aucun des cas, énumérés à l’article R. 811-1 du code de justice administrative, où par exception, le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort. Par suite, les conclusions que la société des Prés a présentées devant le Conseil d’Etat ont le caractère d’un appel. Il y a lieu, en application de l’article R. 351-1 du code de justice administrative, d’en attribuer le jugement à la cour administrative d’appel de Paris, compétente pour en connaître en vertu des dispositions combinées des articles R. 322-1 et R. 221-7 de ce code. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le jugement de la requête de la société des Prés, dirigée contre le jugement du 1er octobre 2025 du tribunal administratif de Melun, est attribué à la cour administrative d’appel de Paris. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société des Prés et à la présidente de la cour administrative d’appel de Paris. Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 12 mai 2026 où siégeaient : M. Vincent Daumas, assesseur, présidant ; M. Nicolas Polge, conseiller d'Etat et M. Serge Gouès, conseiller d'Etat-rapporteur. Rendu le 29 juin 2026 Le président : Signé : M. Vincent Daumas Le rapporteur : Signé : M. Serge Gouès Le secrétaire : Signé : M. Brian Bouquet La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quel tribunal est compétent pour juger un litige sur la taxe sur les bureaux en Île-de-France ?
Le tribunal administratif est compétent en premier ressort, mais son jugement est susceptible d'appel devant la cour administrative d'appel, car cette taxe n'est pas un impôt local.
Puis-je faire appel d'un jugement du tribunal administratif concernant la taxe sur les locaux commerciaux ?
Oui, car la taxe sur les locaux commerciaux en Île-de-France n'est pas un impôt local, donc le tribunal administratif ne statue pas en premier et dernier ressort.
La taxe sur les locaux de stockage est-elle un impôt local ?
Non, la taxe annuelle sur les locaux de stockage en Île-de-France, régie par l'article 231 ter du CGI, n'a pas le caractère d'un impôt local.
Comment contester une décision du tribunal administratif sur la taxe annuelle des bureaux ?
Vous pouvez former un appel devant la cour administrative d'appel compétente, dans les délais légaux, car le jugement du tribunal administratif n'est pas rendu en dernier ressort.
Le Conseil d'État est-il compétent pour juger directement un litige sur la taxe sur les surfaces de stationnement ?
Non, le Conseil d'État n'est pas compétent en premier et dernier ressort pour ce type de litige. Il doit être porté devant le tribunal administratif puis, en appel, devant la cour administrative d'appel.
Quelle est la procédure pour faire appel d'un jugement fiscal ?
La procédure d'appel consiste à saisir la cour administrative d'appel compétente dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, par requête motivée.

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