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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 4 février 2026, n° 510287

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510287.20260204

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une décision implicite de rejet d'admission à la retraite pour invalidité est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'irrégularité de l'ordonnance pour absence de signature et de la dénaturation des pièces quant à la condition d'urgence, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rennes la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande d'admission à la retraite pour invalidité et d'attribution d'une rente viagère.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 10 novembre 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Il soutenait que l'ordonnance était irrégulière car elle ne comportait pas la signature du juge.
  • Il soutenait également que le juge avait dénaturé les pièces du dossier en estimant que la condition d'urgence n'était pas remplie.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rennes, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision implicite de rejet de sa demande d’admission à la retraite au titre de l’invalidité et d’attribution d’une rente viagère et d’enjoindre au ministre des armées de réexaminer sa situation et de procéder à l’instruction de sa demande dans un délai de quinze jours. Par une ordonnance n° 2507420 du 10 novembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 1er et 17 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Mathieu Guibard, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Meier-Bourdeau, Lecuyer et associés, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a : - entaché son ordonnance d’irrégularité en ce qu’elle ne comporte pas sa signature ; - dénaturé les pièces du dossier en retenant, pour juger que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’était pas remplie, que la décision dont la suspension de l’exécution est demandée ne modifie pas sa situation actuelle et n’a pas pour conséquence de le priver d’une future liquidation de sa pension de retraite. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la ministre des armées et des anciens combattants.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une décision administrative en référé ?
Selon l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension peut être ordonnée si l'urgence le justifie et s'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment contester une décision de refus de retraite pour invalidité ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif et demander, en référé, la suspension de la décision si l'urgence est démontrée.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. Il est refusé si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Une ordonnance de référé doit-elle être signée ?
Oui, toute décision de justice doit être signée par le magistrat qui l'a rendue. L'absence de signature peut constituer une irrégularité.
Qu'est-ce que la dénaturation des pièces du dossier ?
La dénaturation consiste à interpréter de manière erronée les pièces du dossier, en leur donnant un sens qu'elles ne comportent pas. C'est un moyen de cassation.

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