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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 18 mars 2026, n° 510327

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510327.20260318

Synthèse de la décision

Question juridique

L'ordonnance de référé rejetant la demande de suspension d'un arrêté municipal réglementant la circulation des véhicules à moteur sur des chemins ruraux est-elle entachée d'irrégularité ou d'erreur de droit ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire des Allues a pris un arrêté le 25 novembre 2024 réglementant la circulation des véhicules terrestres à moteur sur les chemins menant au lieu-dit La Traie entre le 1er décembre et le 30 avril.
  • La société Refuge de la Traye 17 a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble de suspendre l'exécution de cet arrêté.
  • Par une ordonnance du 17 novembre 2025, la juge des référés a rejeté sa demande.
  • La société a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens soulevés par la société et a décidé de ne pas admettre le pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Refuge de la Traye 17 a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble de suspendre l’exécution de l’arrêté du 25 novembre 2024 par lequel le maire des Allues (Savoie) a réglementé la circulation des véhicules terrestres à moteur sur les chemins menant au lieu-dit La Traie entre le 1er décembre et le 30 avril. Par une ordonnance n° 2510918 du 17 novembre 2025, la juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 et 17 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Refuge de la Traye 17 demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune des Allues la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code de l’environnement ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Christophe Barthélemy, conseiller d'Etat en service extraordinaire, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger & Zajdela, avocat de la société Refuge de la Traye 17. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la société Refuge de la Traye 17 soutient qu’elle est entachée : - d’irrégularité en ce qu’elle procède à la substitution de base légale sollicitée par la commune à l’audience sans l’avoir préalablement mise en mesure de présenter ses observations ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle écarte ses moyens comme n’étant pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté litigieux, alors que les dispositions susceptibles d’être ainsi substituées ne sont pas non plus de nature à le fonder légalement ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle écarte comme n’étant pas de nature à faire naître un doute sérieux le moyen tiré de ce que les mesures qu’institue l’arrêté litigieux ne sont pas nécessaires, justifiées et proportionnées et portent ainsi une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l’industrie ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’elle écarte comme n’étant pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté le moyen tiré de l’insuffisance de sa motivation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Refuge de la Traye 17 n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Refuge de la Traye 17. Copie en sera adressée à la commune des Allues. Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Jérôme Marchand-Arvier, assesseur, présidant ; M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d'Etat et M. Christophe Barthélemy, conseiller d'Etat en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 18 mars 2026. Le président : Signé : M. Jérôme Marchand-Arvier Le rapporteur : Signé : M. Christophe Barthélemy Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je contester un arrêté municipal qui restreint la circulation sur un chemin ?
Oui, vous pouvez demander l'annulation ou la suspension de l'arrêté devant le tribunal administratif, puis éventuellement former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Comment obtenir la suspension d'un arrêté du maire ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif en urgence, en démontrant qu'il y a un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté et une urgence.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, visant à faire contrôler la légalité de cette décision par le Conseil d'État.
Quels sont les critères pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Un arrêté municipal peut-il limiter la circulation des véhicules à moteur en hiver ?
Oui, le maire peut réglementer la circulation sur les chemins ruraux pour des motifs de sécurité, de protection de l'environnement ou de tranquillité publique, sous réserve du respect de la légalité.
Que faire si un arrêté municipal porte atteinte à la liberté du commerce ?
Vous pouvez contester l'arrêté en démontrant que les mesures sont disproportionnées par rapport à l'objectif poursuivi, et demander sa suspension ou son annulation.

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