Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 7 mai 2026, n° 510349

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510349.20260507

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement de sursis à statuer pour régularisation d'un vice entachant un permis d'aménager est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas de nature à justifier l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire d'Aubais a délivré un permis d'aménager un lotissement de quinze lots à bâtir à la société Angelotti aménagement le 1er août 2024.
  • L'association Comité d'intérêt de quartier du stade des Amandiers d'Aubais a demandé l'annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif de Nîmes.
  • Par jugement du 30 septembre 2025, le tribunal administratif a sursis à statuer pour permettre la régularisation du vice tenant à la méconnaissance de l'article UD12 du règlement du PLU.
  • L'association a formé un pourvoi en cassation contre ce jugement, invoquant plusieurs moyens.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative article UD12 du règlement du plan local d'urbanisme article UD3 du règlement du plan local d'urbanisme article UD4 du règlement du plan local d'urbanisme article UD13 du règlement du plan local d'urbanisme article L. 111-11 du code de l'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association Comité d’intérêt de quartier du stade des Amandiers d’Aubais a demandé au tribunal administratif de Nîmes d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 1er août 2024 par lequel le maire d’Aubais (Gard) a délivré à la société Angelotti aménagement un permis d’aménager un lotissement de quinze lots à bâtir. Par un jugement n° 2405007 du 30 septembre 2025, le tribunal administratif a sursis à statuer sur cette demande jusqu’à l’expiration d’un délai de trois mois, afin de permettre la régularisation du vice tenant à la méconnaissance par le projet de l’article UD12 du règlement du plan local d’urbanisme. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 décembre 2025 et 2 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, l’association Comité d’intérêt de quartier du stade des Amandiers d’Aubais demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune d’Aubais et de la société Angelotti aménagement la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique - le rapport de Mme Anne Laude, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, au cabinet François Pinet, avocat de l’association Comité d’intérêt de quartier du stade des Amandiers d’Aubais ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, l’association Comité d’intérêt de quartier du stade des Amandiers d’Aubais soutient que : - le tribunal administratif a statué au terme d’une procédure irrégulière en ne laissant aux parties que quatre jours, dont seulement deux ouvrés, pour recueillir leurs observations sur la mise en œuvre de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme ; - il s’est mépris sur la portée de ses écritures, a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en écartant le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UD3 du règlement du plan local d’urbanisme ; - il a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en écartant le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UD4 du règlement du plan local d’urbanisme et de l’article L. 111-11 du code de l’urbanisme malgré l’absence de décision d’engagement des travaux d’extension du réseau d’assainissement collectif ; - il a insuffisamment motivé son jugement, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en écartant le moyen tiré de la méconnaissance de l’article UD13 du règlement du plan local d’urbanisme malgré le non-respect des prescriptions de cet article en ce qui concerne la surface minimale d’espace libre en pleine terre. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à justifier l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’association Comité d’intérêt de quartier du stade des Amandiers d’Aubais n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’association Comité d’intérêt de quartier du stade des Amandiers d’Aubais. Copie en sera adressée à la commune d’Aubais et à la société Angelotti Aménagement. Délibéré à l’issue de la séance du 9 avril 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et Mme Anne Laude, conseillère d’Etat-rapporteure. Rendu le 7 mai 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier La rapporteure : Signé : Mme Anne Laude Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un sursis à statuer dans un litige d'urbanisme ?
Le sursis à statuer est une décision par laquelle le juge suspend le jugement de l'affaire pour permettre la régularisation d'un vice entachant l'autorisation d'urbanisme, conformément à l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le délai de recours en cassation est généralement de deux mois à compter de la notification du jugement attaqué, sauf dispositions particulières.
Une association de quartier peut-elle contester un permis d'aménager ?
Oui, une association de quartier peut contester un permis d'aménager si elle justifie d'un intérêt à agir, par exemple si le projet affecte directement le cadre de vie des habitants.
Que se passe-t-il si le Conseil d'État refuse d'admettre un pourvoi ?
Si le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, la décision de refus est définitive et le jugement attaqué devient définitif, sans possibilité de recours.
Qu'est-ce que l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ?
Cet article permet au juge administratif, lorsqu'il constate un vice entachant la légalité d'une autorisation d'urbanisme, de surseoir à statuer pour permettre la régularisation du vice dans un délai déterminé.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.