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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 9 avril 2026, n° 510361

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510361.20260409

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension concernant un sursis à statuer sur une déclaration préalable pour un pylône relais de téléphonie mobile est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune, tirés de la dénaturation des pièces du dossier et de l'erreur de droit, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Free mobile a déposé une déclaration préalable pour l'implantation d'un pylône relais de téléphonie mobile sur le territoire de la commune du Luc-en-Provence.
  • Le maire de la commune a pris un arrêté le 21 juillet 2025 sursis à statuer sur cette déclaration.
  • La société Free mobile a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulon pour demander la suspension de cet arrêté et une injonction de réexamen.
  • Le juge des référés a suspendu l'arrêté et enjoint au maire de prendre un arrêté de non-opposition à titre provisoire.
  • La commune a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, soutenant une dénaturation des pièces et une erreur de droit.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 153-11 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Free mobile a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 21 juillet 2025 par lequel le maire de la commune du Luc-en-Provence (Var) a sursis à statuer sur sa déclaration préalable en vue de l’implantation d’un pylône relais de téléphonie mobile et, d’autre part, d’enjoindre au maire de réexaminer sa demande dans un délai d’un mois. Par une ordonnance n° 2504440 du 18 novembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a d’une part, suspendu l’exécution de cette décision et d’autre part, enjoint au maire du Luc-en-Provence de prendre, à titre provisoire, un arrêté de non-opposition à cette déclaration dans un délai d’un mois à compter de la notification de son ordonnance. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 18 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune du Luc-en-Provence demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter la demande de la société Free mobile ; 3°) de mettre à la charge de celle-ci la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Edouard Solier, maître des requêtes, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament – Robillot, avocat de la commune de Luc-en-Provence ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune du Luc-en-Provence soutient qu’elle est entachée : - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle a retenu que la condition d’urgence était satisfaite en accordant aux cartes fournies par la société Free mobile, élaborées unilatéralement, sans méthodologie exposée, sans mention des paramètres techniques utilisés, sans authentification, sans date certaine et sans qu’aucune expertise indépendante ne vienne les corroborer, une valeur probante supérieure à celle des éléments qu’elle avait avancés ; - d’erreur de droit ou, à tout le moins, de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle a retenu que le moyen tiré de la violation de l’article L. 153-11 du code de l’urbanisme était de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune du Luc-en-Provence n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune du Luc-en-Provence. Copie en sera adressée à la société Free mobile. Délibéré à l'issue de la séance du 2 avril 2026 où siégeaient : M. Jérôme Goldenberg, conseiller d'Etat en service extraordinaire, présidant ; M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat et M. Edouard Solier, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 9 avril 2026. Le président : Signé : M. Jérôme Goldenberg Le rapporteur : Signé : M. Edouard Solier Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un sursis à statuer en urbanisme ?
C'est une décision par laquelle l'autorité compétente reporte sa décision sur une demande d'autorisation (comme une déclaration préalable) dans l'attente de l'adoption d'un document d'urbanisme ou d'un projet.
Comment contester un sursis à statuer ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, et éventuellement demander la suspension en référé si l'urgence est justifiée.
Quelles sont les conditions pour obtenir une suspension en référé ?
Il faut démontrer l'urgence (préjudice grave et immédiat) et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Que signifie 'non-admission' d'un pourvoi en cassation ?
Cela signifie que le Conseil d'État refuse d'examiner le fond du pourvoi car il est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux. La décision attaquée devient définitive.
Une commune peut-elle refuser l'implantation d'une antenne relais ?
Oui, mais sous conditions : elle doit respecter les règles d'urbanisme et motiver sa décision. Un refus peut être contesté devant le juge administratif.

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