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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 7 juillet 2026, n° 510395

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510395.20260707

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un refus de permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Airis a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler l'arrêté du maire de Saint-Priest du 27 août 2024 refusant un permis de construire pour la démolition et reconstruction d'un ensemble immobilier de 72 logements.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 23 octobre 2025.
  • La société Airis a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat.
  • Elle soutenait une erreur de droit concernant l'interprétation de l'article 4.2.2.5 du règlement du PLU sur la profondeur minimale de 5 mètres.
  • Elle soutenait également une erreur de droit, une erreur de qualification juridique des faits et une dénaturation des pièces du dossier concernant les reculs partiels au sens de l'article 4.2.2.2 du règlement.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article L.761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Airis a demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du maire de Saint-Priest (Rhône) du 27 août 2024 refusant de lui délivrer un permis de construire en vue de la démolition et de la reconstruction d’un ensemble immobilier de soixante-douze logements et d’enjoindre au maire de lui délivrer ce permis dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par un jugement n° 2410739 du 23 octobre 2025, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 décembre 2025 et 4 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Airis demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Priest la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat, - les conclusions de Mme Charline Nicolas, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jéhannin, avocat de la société Airis ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Pour demander l’annulation du jugement du tribunal administratif de Lyon qu’elle attaque, la société Airis soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce qu’il juge, pour l’application des dispositions de l’article 4.2.2.5 du règlement du plan local d’urbanisme applicable en zone URm1, que la profondeur minimale de 5 mètres par rapport à la façade la plus longue de la construction devant être respectée par un fractionnement sous forme de recul partiel, doit être mesurée par rapport à l’emplacement de la façade réelle de la construction et non par rapport à la limite de référence, telle que définie par le règlement ; - d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que les reculs partiels situés au sud des façades Est du bâtiment B et Ouest du bâtiment A ne constituent pas un fractionnement sous forme de recul partiel au sens des dispositions de l’article 4.2.2.2 du règlement. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Airis n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Airis. Copie en sera adressée à la commune de Saint-Priest. Délibéré à l'issue de la séance du 9 juin 2026 où siégeaient : Mme Rozen Noguellou, assesseure, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et Mme Sophie Delaporte, conseillère d'Etat-rapporteure. Rendu le 7 juillet 2026. La présidente : Signé : Mme Rozen Noguellou, La rapporteure : Signé : Mme Sophie Delaporte La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'Etat ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
Quels moyens faut-il invoquer pour que mon pourvoi soit admis ?
Il faut invoquer des moyens sérieux, c'est-à-dire des moyens de droit ou de fait qui sont de nature à remettre en cause le jugement attaqué.
Puis-je contester un refus de permis de construire devant le Conseil d'Etat ?
Oui, mais uniquement par la voie du pourvoi en cassation contre le jugement du tribunal administratif, et sous réserve que le pourvoi soit admis.
Comment interpréter les règles de recul dans un PLU ?
Les règles de recul doivent être interprétées selon les termes du règlement du PLU. En cas de doute, il est possible de saisir le juge administratif.
Que signifie 'moyen sérieux' dans une requête en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen qui est susceptible de prospérer, c'est-à-dire qui n'est pas manifestement infondé et qui peut conduire à l'annulation du jugement.

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