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Conseil d'État, 10ème chambre jugeant seule, 19 juin 2026, n° 510566

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510566.20260619

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une décision de la CNDA confirmant la fin de la qualité de réfugié pour activités terroristes est-il admis ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé à la CNDA l'annulation de la décision de l'OFPRA mettant fin à sa qualité de réfugié.
  • La CNDA a confirmé la fin de la qualité de réfugié sur le fondement du 3° de l'article L. 511-8 du CESEDA.
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État.
  • Il soutenait une erreur de droit sur la dimension internationale des activités du PKK et une erreur de qualification de ses agissements individuels.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun moyen n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 511-8 du CESEDA article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé à la Cour nationale du droit d'asile d’annuler la décision du 15 mai 2025 par laquelle le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a mis fin à sa qualité de réfugié sur le fondement du premier alinéa de l’article L. 511-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision n° 25027310 du 10 octobre 2025, la Cour nationale du droit d'asile a confirmé la fin de la qualité de réfugié, sur le fondement du 3° du deuxième du même article de ce code, et rejeté sa demande de maintien de la qualité de réfugié. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 décembre 2025 et le 4 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) de mettre à la charge de l’OFPRA la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention de Genève du 28 juillet 1951 et le protocole signé à New York le 31 janvier 1967, relatifs au statut des réfugiés ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Bruno Delsol, conseiller d'Etat, - les conclusions de Mme Charline Nicolas rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano & Goulet, avocat de M. B.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de la décision de la Cour nationale du droit d’asile qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et d’insuffisance de motivation en ce que, d’une part, elle déduit la dimension internationale des activités terroristes du PKK, au sens et pour l’application du 3° des dispositions de l’article L. 511-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la seule inscription de cette organisation en 2023 sur les listes des organisations regardées comme terroristes établies par le Conseil de l’Union européenne et, d’autre part, elle n’établit pas le caractère international de ses propres agissements individuels ; - d’erreur de droit, d’erreur de qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle qualifie ses agissements individuels de contraires aux buts et principes des Nations unies alors qu’il n’a exercé dans le passé que des responsabilités secondaires, départementales et subalternes au sein de l’organisation et qu’aucune violation grave des droits de l’homme ne lui est personnellement imputée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Délibéré à l'issue de la séance du 16 avril 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Bruno Delsol, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 19 juin 2026. Le président : Signé : M. Bertrand Dacosta Le rapporteur : Signé : M. Bruno Delsol La secrétaire : Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Peut-on perdre le statut de réfugié pour des activités terroristes ?
Oui, l'article L. 511-8 du CESEDA prévoit que la qualité de réfugié peut être retirée si la personne a commis des actes contraires aux buts et principes des Nations unies, notamment des activités terroristes.
Comment contester une décision de l'OFPRA mettant fin au statut de réfugié ?
Vous pouvez saisir la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) dans un délai de deux mois. Ensuite, un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est possible, mais il doit passer par une procédure d'admission.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit d'abord être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Le PKK est-il considéré comme une organisation terroriste ?
Oui, le PKK est inscrit sur les listes de l'Union européenne des organisations terroristes, ce qui peut être pris en compte pour établir la dimension internationale de ses activités.
Quels sont les motifs de cessation du statut de réfugié ?
Les motifs incluent notamment le fait que la personne a commis des crimes graves, des actes contraires aux buts et principes des Nations unies, ou qu'elle représente un danger pour la sécurité de la France.

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