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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 16 mars 2026, n° 510708

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510708.20260316

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé contractuel rejetant une demande de suspension et d'annulation d'un contrat de concession est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • L'office d'équipement hydraulique de la Corse (OEHC) a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Bastia de suspendre et d'annuler un contrat de concession conclu entre le SIVOM de la Rive Sud du Golfe d'Ajaccio et la société CEOC le 20 octobre 2025.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 27 novembre 2025.
  • L'OEHC a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • L'OEHC soutenait que l'ordonnance était insuffisamment motivée, méconnaissait le droit à un recours effectif, le principe d'égalité et les principes du droit de la commande publique.
  • Le Conseil d'État a examiné le pourvoi selon la procédure d'admission prévue à l'article L. 822-1 du code de justice administrative.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article L.551-17 du code de justice administrative article L.551-18 du code de justice administrative article L.761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’office d’équipement hydraulique de la Corse (OEHC) a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Bastia, d’une part, de suspendre, en application de l’article L.551-17 du code de justice administrative, l’exécution du contrat de concession conclu entre le syndicat intercommunal à vocation multiple (SIVOM) de la Rive Sud du Golfe d’Ajaccio et la société compagnie des eaux et de l’ozone (CEOC) le 20 octobre 2025 et, d’autre part, d’annuler ce contrat, sur le fondement des dispositions de l’article L. 551-18 du même code. Par une ordonnance n° 2501680 du 27 novembre 2025 le juge des référés du tribunal administratif de Bastia a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 et 26 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l’OEHC demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) à titre subsidiaire, de saisir la Cour de justice de l’Union européenne de deux questions préjudicielles relatives d’une part à l’interprétation des articles 20 et 47 de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et d’autre part à la conformité de la directive 92/13 du 25 février 1992 modifiée, en tant qu’elle exclut de son champ d’application certaines concessions au regard de leur objet, aux principes d’égalité de traitement, de non-discrimination et de transparence en matière de commande publique, au principe d’égalité et au droit à un recours effectif ; 4°) de mettre à la charge du SIVOM de la Rive Sud du Golfe d’Ajaccio la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la Constitution, notamment son Préambule et son article 1er ; - la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ; - la directive 92/13/CEE du Conseil du 25 février 1992 ; - le code de la commande publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Céline Boniface, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Spinosi, avocat de l’office d’équipement hydraulique de la Corse (OEHC) ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, l’office d’équipement hydraulique de la Corse soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Bastia a : - insuffisamment motivé sa décision et méconnu son droit à un recours effectif garanti par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ; - méconnu le principe d’égalité garanti par la Constitution et par la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne ; - méconnu les principes du droit de la commande publique. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’office d’équipement hydraulique de la Corse n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’office d’équipement hydraulique de la Corse. Copie en sera adressée au syndicat intercommunal à vocation multiple de la Rive sud du Golfe d’Ajaccio et à la compagnie des eaux et de l’ozone.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un référé contractuel ?
Le référé contractuel est une procédure d'urgence permettant de demander au juge administratif la suspension ou l'annulation d'un contrat de la commande publique (marchés, concessions) en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis par le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Peut-on demander la suspension d'un contrat de concession ?
Oui, dans le cadre du référé contractuel, le juge peut suspendre l'exécution d'un contrat de concession si des manquements aux règles de publicité et de mise en concurrence sont constatés.
Quels sont les recours contre un contrat de concession ?
Les recours possibles incluent le référé précontractuel (avant la signature), le référé contractuel (après la signature), et le recours de pleine juridiction pour contester la validité du contrat.
Le Conseil d'État examine-t-il tous les pourvois ?
Non, le Conseil d'État exerce un filtre : il n'admet que les pourvois qui soulèvent une question de droit sérieuse. Les autres sont rejetés par une décision de non-admission.

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