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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 20 février 2026, n° 510709

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510709.20260220

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés a-t-il commis une erreur de droit en suspendant un arrêté de disponibilité d'office au motif que l'administration ne justifiait pas de l'absence de poste vacant, alors que l'agent avait refusé un poste correspondant à son grade ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la communauté de communes, tirés d'une irrégularité de procédure et d'une erreur de droit, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a été placée en disponibilité d'office par arrêté du 9 septembre 2025 du président de la communauté de communes du Castelrenaudais.
  • Elle a demandé au juge des référés du tribunal administratif d'Orléans la suspension de cet arrêté et sa réintégration.
  • Le juge des référés a suspendu l'arrêté et enjoint à la communauté de communes de réexaminer la situation de Mme B...
  • La communauté de communes a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait que le juge des référés avait commis une erreur de droit en jugeant qu'il y avait un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté, alors que Mme B... avait refusé un poste correspondant à son grade.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif d’Orléans, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, de suspendre l’exécution de l’arrêté n° 2025-213 du 9 septembre 2025 par lequel le président de la communauté de communes du Castelrenaudais l’a placée en disponibilité d’office à compter du 17 septembre 2025 jusqu’à sa réintégration et, d’autre part, d’enjoindre au président de la communauté de communes du Castelrenaudais de la réintégrer dans les effectifs, de procéder à la reconstitution de sa carrière et de rétablir sa rémunération au lendemain de son licenciement prononcé par la société VYV3 le 16 juin 2025, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder à une nouvelle instruction, sous les mêmes conditions de délai et d’astreinte. Par une ordonnance n° 2505965 du 28 novembre 2025, le juge des référés de ce tribunal a suspendu l’exécution de l’arrêté n° 2025-213 du 9 septembre 2025, enjoint à la communauté de communes du Castelrenaudais de réexaminer la situation de Mme B... dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance, et rejeté le surplus des conclusions de sa requête. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 15 et 30 décembre 2025 et le 29 janvier 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la communauté de communes du Castelrenaudais demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de Mme B... la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général de la fonction publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Baptiste Verret, auditeur, - les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Waquet, Farge, Hazan, Feliers, avocat de la communauté de communes du Castelrenaudais ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la communauté de communes du Castelrenaudais soutient que le juge des référés du tribunal administratif d’Orléans : - l’a rendue au terme d’une procédure irrégulière en ne l’avertissant ni de l’existence de la requête en référé ni de la requête au fond enregistrées le 10 novembre 2025, faute de les lui avoir communiquées sur l’adresse Télérecours qu’elle avait indiquée ; - a commis une erreur de droit en jugeant qu’était de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté plaçant Mme B... en disponibilité d’office le moyen tiré de ce qu’elle ne justifiait pas de l’absence de poste vacant permettant sa réintégration, alors que l’intéressée ayant refusé le poste, correspondant à son grade, qui lui avait été proposé, elle pouvait la placer en disponibilité d’office sans avoir à justifier de l’absence d’autre poste vacant. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la communauté de communes du Castelrenaudais n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la communauté de communes du Castelrenaudais. Copie en sera adressée à Mme A... B.... Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et M. Baptiste Verret, auditeur-rapporteur. Rendu le 20 février 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte Le rapporteur : Signé : M. Baptiste Verret La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une disponibilité d'office ?
La disponibilité d'office est une position statutaire dans la fonction publique, prononcée par l'administration, qui place l'agent hors de son cadre d'emplois, généralement en raison de l'absence de poste vacant ou de l'inaptitude temporaire.
Puis-je contester une mise en disponibilité d'office ?
Oui, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif et demander la suspension de la décision en référé si l'urgence est établie et qu'il existe un doute sérieux sur sa légalité.
Mon administration peut-elle me placer d'office en disponibilité si je refuse un poste ?
En principe, si vous refusez un poste correspondant à votre grade, l'administration peut vous placer en disponibilité d'office, mais elle doit justifier de l'absence d'autre poste vacant. Le juge vérifie cette condition.
Comment obtenir la suspension d'un arrêté de disponibilité d'office ?
Vous devez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative. Il est soumis à une procédure d'admission préalable, et ne peut être admis que s'il soulève un moyen sérieux.

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