Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 31 juillet 2026, n° 510711

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510711.20260731

Synthèse de la décision

Question juridique

L'avis des sommes à payer émis pour le recouvrement de la quote-part des travaux exécutés d'office doit-il être motivé par une notification préalable indiquant les bases de liquidation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la Ville de Paris ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... possède un lot de copropriété dans un bâtiment à Paris.
  • Un arrêté préfectoral du 10 janvier 2011 a prescrit des travaux pour remédier à l'insalubrité des parties communes.
  • Les copropriétaires étant carencés, la Ville de Paris a fait exécuter les travaux d'office.
  • Un avis des sommes à payer a été émis le 16 novembre 2021 pour recouvrer la quote-part de M. A...
  • Le tribunal administratif a annulé ce titre, la cour administrative d'appel a rejeté l'appel de la Ville.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’avis des sommes à payer qui lui a été adressé le 16 novembre 2021 par le directeur régional des finances publiques d’Île-de-France en vue du recouvrement de sa quote-part du montant des travaux exécutés d’office par la Ville de Paris sur un bâtiment dans lequel il possède un lot de copropriété, en raison de la carence des copropriétaires à exécuter les travaux prescrits par un arrêté du 10 janvier 2011 du préfet de Paris en vue de remédier à l’état d’insalubrité des parties communes de ce bâtiment. Par un jugement n° 2208851 du 22 mars 2024, le tribunal administratif de Paris a annulé ce titre de recettes. Par un arrêt n° 24PA02288 du 15 octobre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par la Ville de Paris contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 15 décembre 2025 et 16 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la Ville de Paris demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de M. A... la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ; - le code de justice administrative. Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Christophe Barthélemy, conseiller d’Etat en service extraordinaire ; - les conclusions de Mme Marie Sirinelli, rapporteure publique. La parole ayant été donnée, après les conclusions à la SELAS Froger, Zajdela, avocat de la Ville de Paris. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la Ville de Paris soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il retient qu’elle n’apporte pas la preuve de la notification à M. A... du courrier recommandé du 4 novembre 2021 qui indique les bases de liquidation de l’avis des sommes à payer ; - d’erreur de droit en ce qu’il juge que la circonstance que M. A... a pris connaissance des documents qui lui ont été adressés à l’occasion de l’émission d’un premier avis de sommes à payer du 18 juin 2018 ne suffit pas à regarder le second avis comme suffisamment motivé. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la Ville de Paris n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la Ville de Paris. Copie en sera adressée à M. B... A.... Délibéré à l’issue de la séance du 18 juin 2026 : où siégeaient : M. Jérôme Marchand-Arvier, assesseur, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d’Etat et M. Christophe Barthélemy, conseiller d’Etat en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 31 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jérôme Marchand-Arvier Le rapporteur : Signé : M. Christophe Barthélemy Le secrétaire : Signé : M. Mickaël Lemasson La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que faire si je reçois un avis de sommes à payer pour des travaux d'office dans ma copropriété ?
Vous pouvez contester cet avis devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant sa notification, en invoquant notamment un défaut de motivation ou de notification des bases de liquidation.
La commune doit-elle me notifier les bases de liquidation avant de m'envoyer un avis de sommes à payer ?
Oui, l'administration doit indiquer les bases de liquidation dans un courrier préalable ou dans l'avis lui-même, afin de permettre au redevable de contester utilement.
Un avis de sommes à payer est-il annulable s'il n'est pas suffisamment motivé ?
Oui, un avis de sommes à payer insuffisamment motivé peut être annulé par le juge administratif, car il ne permet pas au redevable de comprendre le calcul de sa dette.
Quels sont les recours contre un avis de sommes à payer émis par la commune ?
Vous pouvez former un recours gracieux auprès de la commune, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois.
Comment contester une quote-part de travaux d'office en cas d'insalubrité ?
Vous pouvez contester la décision de la commune de vous réclamer une quote-part en démontrant que les conditions légales ne sont pas remplies, par exemple l'absence de carence des copropriétaires ou l'irrégularité de la procédure.
Le Conseil d'État admet-il un pourvoi contre un arrêt de cour administrative d'appel en matière de travaux d'office ?
Le Conseil d'État n'admet le pourvoi que s'il présente un moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés n'ont pas été jugés sérieux, donc le pourvoi a été rejeté.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.