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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 26 juin 2026, n° 510875

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510875.20260626

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'indemnisation fondée sur l'illégalité d'un refus de dérogation à la carte scolaire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner la Ville de Paris à lui verser 10 041,43 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision du 2 juin 2016 rejetant sa demande de dérogation à la carte scolaire.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 22 novembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel par arrêt du 17 juin 2025.
  • M. A... s'est pourvu en cassation contre cet arrêt.
  • Il soutenait que l'arrêt était entaché d'insuffisance de motivation, d'erreur de droit, d'inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 10 041,43 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis du fait de l’illégalité de la décision du 2 juin 2016 rejetant sa demande de dérogation à la carte scolaire et de la décision implicite rejetant son recours gracieux. Par un jugement n° 2124325 du 22 novembre 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA02267 du 17 juin 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 décembre 2025 et 18 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 3 500 euros à verser à la SARL Meier-Bourdeau Lécuyer et associés, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Cécile Fraval, maîtresse des requêtes ; - les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Meier-Bourdeau, Lecuyer et associés, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’il attaque, M. A... soutient qu’il est entaché : - d’insuffisance de motivation faute de préciser celles des dispositions du code de l’éducation dont il a fait application ; - d’erreur de droit et d’inexacte qualification juridique des faits en ce que, pour retenir que les préjudices subis n’ont pas été directement causés par la faute de la Ville de Paris, il se fonde sur les circonstances qu’il aurait estimé ne pas pourvoir maintenir son fils dans l’école publique où il était inscrit et qu’il n’a pas déposé des demandes de dérogation dans d’autres établissements publics, alors que ces circonstances ne sauraient exonérer la responsabilité de la Ville de Paris de sa faute ; - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce que la cour retient qu’il n’établit pas l’impossibilité de maintenir son fils dans l’école de secteur et le lien de causalité entre la décision illégale et ses choix de scolariser son enfant dans un établissement privé et de changer de logement. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la Ville de Paris. Délibéré à l'issue de la séance du 28 mai 2026 où siégeaient : Mme Anne Courrèges, présidente de chambre, présidant, Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, et Mme Cécile Fraval, maîtresse des requêtes- rapporteure. Rendu le 26 juin 2026. La présidente : Signé : Mme Anne Courrèges La rapporteure : Signé : Mme Cécile Fraval La secrétaire : Signé : Mme Anna Bahnini La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une dérogation à la carte scolaire ?
C'est une autorisation exceptionnelle permettant à un élève d'être scolarisé dans un établissement autre que celui de son secteur.
Que faire si ma demande de dérogation est refusée ?
Vous pouvez former un recours gracieux auprès de l'autorité qui a pris la décision, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif.
Puis-je obtenir une indemnisation si le refus est illégal ?
Oui, si vous démontrez une faute de l'administration et un préjudice direct et certain en lien avec cette faute.
Comment se déroule un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois après la notification de la décision attaquée. Il est soumis à une procédure d'admission : le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens de cassation recevables ?
Les moyens doivent porter sur des erreurs de droit, une insuffisance de motivation, une dénaturation des faits ou une erreur de qualification juridique.

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