Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 7 mai 2026, n° 510946

Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:510946.20260507

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre le jugement rejetant la demande d'annulation d'un permis de construire est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Marseille a délivré un permis de construire à la société Cogedim Provence pour trois bâtiments et cinq villas.
  • Un permis de construire modificatif a été délivré le 21 juin 2024.
  • Des voisins ont demandé l'annulation de ces permis devant le tribunal administratif de Marseille.
  • Le tribunal administratif a rejeté leur demande par jugement du 4 novembre 2025.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article R. 111-2 du code de l'urbanisme article 7 du règlement du PLU de Marseille-Provence (zone UB) article 8 du règlement du PLU de Marseille-Provence (zone UB) article 9 du règlement du PLU de Marseille-Provence (zone UB) article 10 du règlement du PLU de Marseille-Provence (zone UB) articles II-2 2.2.1. et 2.2.2. du plan de prévention des risques relatifs aux mouvements de terrains

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... O..., M. D..., M. et Mme G... F..., M. A... Q... et Mme L... F..., M. et Mme M..., Mme I... T..., M. C... N... et Mme R... J..., Mme E... H..., M. et Mme W..., M. et Mme P... U..., M. et Mme S... V... et M. K... ont demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler, d’une part, l’arrêté du 20 mai 2022 par lequel le maire de Marseille (Bouches-du-Rhône) a délivré à la société Cogedim Provence un permis de construire trois bâtiments totalisant trente-huit logements collectifs et cinq villas individuelles sur les parcelles cadastrées section E nos 53 et 118 et, d’autre part, l’arrêté du 21 juin 2024 par lequel ce maire a délivré un permis de construire modificatif à cette société. Par un jugement n° 2209694 du 4 novembre 2025, le tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 décembre 2025 et 13 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. O..., M. et Mme F..., M. Q... et Mme F..., Mme T..., M. N..., Mme J..., Mme H..., M. et Mme U..., M. et Mme V... demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur demande ; 3°) de mettre à la charge solidaire de la société Cogedim Provence et de la commune de Marseille la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Malapert, auditeur, - les conclusions de M. Thomas Janicot, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de La Burgade, avocat de M. O... et autres ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, M. O... et autres soutiennent que : - le tribunal a méconnu le principe du caractère contradictoire de la procédure en tenant l’audience publique seulement quatre jours après avoir communiqué aux requérants les pièces complémentaires qu’il avait sollicitées ; - il a commis une erreur de droit, inexactement qualifié les faits de l’espèce et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le dernier étage ne pouvait être regardé comme un attique ; - il a insuffisamment motivé son jugement et commis une erreur de droit en jugeant que le projet, dont la façade donnant sur le boulevard de la Barasse ne comporte aucune ouverture en rez-de-chaussée, ne méconnaissait pas les dispositions de l’article 9 applicable en zone UB du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal Marseille-Provence ; - il a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que les villas nos 4 et 5 étaient accolées, de sorte que le projet ne méconnaissait pas les dispositions de l’article 8 applicable en zone UB du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal ; - il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la vue aérienne produite par les requérants ne permettait pas de caractériser une méconnaissance des dispositions du g) de l’article 10 applicable en zone UB du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal ; - il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en écartant comme inopérant le moyen tiré d’une méconnaissance des dispositions des articles II-2 2.2.1. et 2.2.2. du plan de prévention des risques relatif aux mouvements de terrains ; - il a insuffisamment motivé son jugement en omettant de répondre au moyen tiré du danger que présenterait les résidus identifiés dans les galeries souterraines, qui caractériserait un risque d’atteinte à la sécurité publique au sens de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme ; - il a commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant que le projet respectait les règles d’implantation des constructions par rapport aux limites séparatives mentionnées à l’article 7 applicable en zone UB du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal ; - il a insuffisamment motivé son jugement en omettant de répondre au moyen, qui était opérant, tiré de la méconnaissance des prescriptions relatives à l’espacement entre les constructions des orientations d’aménagement et de programmation du plan local d’urbanisme intercommunal. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. O... et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... O..., représentant unique désigné, pour l’ensemble des requérants. Copie en sera adressée à la société Cogedim Provence et à la commune de Marseille. Délibéré à l'issue de la séance du 9 avril 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d'Etat et M. Vincent Malapert, auditeur-rapporteur. Rendu le 7 mai 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier Le rapporteur : Signé : M. Vincent Malapert Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire délivré à mon voisin ?
Oui, si vous avez un intérêt à agir (par exemple, en tant que voisin immédiat), vous pouvez demander l'annulation du permis devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis sur le terrain.
Quels sont les délais pour former un recours contre un permis de construire ?
Le recours contentieux doit être formé dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis sur le terrain. Ce délai court également pour les tiers à compter de la première présentation de la décision.
Comment faire pour que le Conseil d'Etat examine mon pourvoi en cassation ?
Le pourvoi en cassation doit être présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Il doit soulever des moyens de droit sérieux. Le Conseil d'Etat refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un moyen qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un défaut de motivation. Il doit être fondé et pertinent.
Que faire si le tribunal administratif rejette ma demande d'annulation d'un permis de construire ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement. Le pourvoi doit être motivé et soulever des moyens de droit.
Le permis de construire modificatif est-il soumis aux mêmes règles que le permis initial ?
Oui, le permis modificatif doit respecter les mêmes règles d'urbanisme que le permis initial. Il ne peut être délivré que si les modifications projetées sont conformes aux dispositions applicables.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.