Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 20 mai 2026, n° 511179

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511179.20260520

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation formé par la société Topaze contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Paris est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, le moyen soulevé par la société Topaze, tiré d'une erreur de droit au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et de l'article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Topaze a demandé au tribunal administratif de Paris la condamnation de la Ville de Paris à lui verser 2 089 784 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision du 3 août 2018 exerçant le droit de préemption sur la nue-propriété de sept boxes de parking.
  • Le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande par jugement du 26 février 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 29 octobre 2025.
  • La société Topaze a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • Le pourvoi a été enregistré au Conseil d'État les 30 décembre 2025 et 31 mars 2026.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 411-1 du code de justice administrative article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Topaze a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 2 089 784 euros, assortie des intérêts légaux et de la capitalisation de ces intérêts et sous astreinte, en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait de l’illégalité de la décision du 3 août 2018 par laquelle la maire de Paris a décidé d’exercer le droit de préemption sur la nue-propriété de sept boxes de parking situés 133 bis, rue Belliard dans le 18e arrondissement de Paris. Par un jugement n° 2204088 du 26 février 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 24PA01914 du 29 octobre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par la société Topaze contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 décembre 2025 et 31 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Topaze demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentale ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Elise Barbé, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Me Bardoul, avocat de la société Topaze ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société Topaze soutient que la cour administrative d’appel a commis une erreur de droit au regard de l’article R. 411-1 du code de justice administrative, interprété à la lumière de l’article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et s’est méprise sur la portée de ses écritures en jugeant que sa requête d’appel, enregistrée le 26 avril 2024, ne comportait l’exposé d’aucun fait et d’aucun moyen. 3. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Topaze n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Topaze. Copie en sera adressée à la Ville de Paris. Délibéré à l’issue de la séance du 16 avril 2026 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et Mme Elise Barbé, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 20 mai 2026. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache La rapporteure : Signé : Mme Elise Barbé La secrétaire : Signé : Mme Vasantha Breme

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, notamment une cour administrative d'appel. Il vise à faire censurer une erreur de droit commise par les juges du fond.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée. Il doit être suffisamment fondé et pertinent.
Quel est le délai pour se pourvoir en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, sauf dispositions particulières.
Peut-on contester une décision de refus d'admission d'un pourvoi ?
Non, la décision de refus d'admission est une décision juridictionnelle qui n'est pas susceptible de recours.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.