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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 20 mai 2026, n° 511263

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511263.20260520

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'annulation d'un permis de construire est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas de nature à justifier l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Castellar a délivré un permis de construire à la société Résidence Belavista pour un ensemble immobilier de 24 logements, une piscine, 71 places de stationnement et un niveau de commerce.
  • L'association Aspona a demandé l'annulation de ce permis devant le tribunal administratif de Nice.
  • Le tribunal administratif a rejeté la demande de l'association par un jugement du 5 novembre 2025.
  • L'association a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen sérieux n'était soulevé.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 425-3 du code de l'urbanisme article L. 152-1 du code de l'urbanisme

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs (Aspona) a demandé au tribunal administratif de Nice l’annulation pour excès de pouvoir de l’arrêté du 24 juin 2024 par lequel le maire de Castellar (Alpes-Maritimes) a délivré à la société Résidence Belavista un permis de construire un ensemble immobilier de vingt-quatre logements, une piscine, soixante et onze places de stationnement souterrain et un niveau de commerce. Par un jugement n° 2407042 du 5 novembre 2025, le tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 janvier et 25 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, l’association Aspona demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Isabelle Tison, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Hannotin avocats, avocat de l’Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, l’association Aspona soutient que : - le tribunal administratif a commis une erreur de droit au regard de l’article L. 425-3 du code de l’urbanisme et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le permis attaqué ne valait pas autorisation au titre des dispositions du code de la construction et de l’habitation relatives aux établissements recevant du public alors qu’il ne mentionne pas expressément l’obligation d’obtenir une telle autorisation complémentaire ; - il a insuffisamment motivé son jugement, commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits de l’espèce en jugeant, sans viser l’article L. 152-1 du code de l’urbanisme dont il a fait application, le permis attaqué compatible avec l’orientation d’aménagement et de programmation n° 2 du plan local d’urbanisme. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à justifier l’admission du pourvoi. DECIDE : Article 1er : Le pourvoi de l’Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs. Copie en sera adressée à la commune de Castellar.

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire délivré par ma commune ?
Oui, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de l'affichage du permis. Si le tribunal rejette votre demande, vous pouvez vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi doit être admis, c'est-à-dire soulever un moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative (comme un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel). Le Conseil d'État ne rejuge pas les faits, mais vérifie que le droit a été correctement appliqué. Le pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux.
Comment faire admettre mon pourvoi en cassation ?
Vous devez déposer un pourvoi dans les délais, avec un mémoire exposant les moyens de droit. Le Conseil d'État examine si ces moyens sont de nature à justifier l'admission. Si aucun moyen sérieux n'est retenu, le pourvoi est rejeté.
Un permis de construire vaut-il autorisation pour un établissement recevant du public ?
Non, un permis de construire ne vaut pas autorisation d'exploitation d'un établissement recevant du public (ERP). Une autorisation distincte est requise au titre du code de la construction et de l'habitation. Le permis doit mentionner cette obligation.
Que faire si le permis de construire n'est pas conforme au plan local d'urbanisme ?
Vous pouvez contester le permis devant le tribunal administratif en invoquant la méconnaissance des règles d'urbanisme, notamment les orientations d'aménagement et de programmation (OAP) du PLU. Le juge vérifie la compatibilité du projet avec ces orientations.
Une association de protection de la nature peut-elle agir contre un permis de construire ?
Oui, une association agréée ou dont l'objet statutaire inclut la protection de l'environnement peut former un recours contre un permis de construire si elle justifie d'un intérêt à agir, par exemple si le projet affecte la zone qu'elle protège.

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