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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 23 juillet 2026, n° 511297

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511297.20260723

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant la légalité d'une autorisation de licenciement économique d'un salarié protégé est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés d'une erreur de droit et d'une inexacte qualification juridique des faits, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... était salariée protégée du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).
  • L'inspectrice du travail a refusé d'autoriser son licenciement économique le 20 août 2021.
  • Le ministre du travail a, sur recours hiérarchique du CCFA, retiré sa décision implicite de rejet, annulé la décision de l'inspectrice et autorisé le licenciement le 31 mai 2022.
  • Le tribunal administratif de Paris a annulé cette décision ministérielle le 27 juin 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a annulé ce jugement le 4 novembre 2025.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 31 mai 2022 par laquelle le ministre du travail, du plein emploi et de l’insertion a, d’une part, retiré sa décision implicite rejetant le recours hiérarchique formé par le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA) contre la décision du 20 août 2021 de l’inspectrice du travail refusant d’autoriser son licenciement pour motif économique, d’autre part, annulé la décision de l’inspectrice du travail et, enfin, autorisé son licenciement. Par un jugement n° 2215833/3-2 du 27 juin 2024, le tribunal administratif a annulé cette décision. Par un arrêt n° 24PA03304 du 4 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a, sur appel du CCFA, annulé ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 janvier et 7 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter la requête du CCFA ; 3°) de mettre solidairement à la charge de l’Etat et du CCFA la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code du travail ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Camille Belloc, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de Mme B... ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Paris qu’elle attaque, Mme B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que son employeur a procédé à une recherche sérieuse de reclassement, alors en particulier que la lettre qu’il a adressée à sa filiale ne comportait pas l’indication du nom des salariés concernés ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient que les difficultés économiques du CCFA étaient de nature à justifier le licenciement. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au Comité des constructeurs français d’automobiles et au ministre du travail et des solidarités. Délibéré à l'issue de la séance du 25 juin 2026 où siégeaient : Mme Aurélie Bretonneau, conseillère d’Etat, présidant ; M. Raphaël Chambon, conseiller d'Etat et Mme Camille Belloc, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 23 juillet 2026 La présidente : Signé : Mme Aurélie Bretonneau La rapporteure : Signé : Mme Camille Belloc La secrétaire : Signé : Mme Laureen Le Bras La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un salarié protégé ?
Un salarié protégé est un salarié qui bénéficie d'une protection particulière contre le licenciement, comme les représentants du personnel, les délégués syndicaux, etc. Son licenciement nécessite une autorisation de l'inspection du travail.
Comment contester une autorisation de licenciement économique ?
La décision de l'inspecteur du travail peut faire l'objet d'un recours hiérarchique devant le ministre du travail, puis d'un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif. En cassation, le pourvoi devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
La procédure d'admission est un filtre : le pourvoi n'est admis que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si aucun moyen sérieux n'est retenu, le pourvoi est rejeté.
Quelles sont les conditions du licenciement économique ?
Le licenciement économique doit être justifié par des difficultés économiques, des mutations technologiques, une réorganisation ou une cessation d'activité. L'employeur doit également avoir procédé à une recherche sérieuse de reclassement.
Que se passe-t-il si l'employeur ne respecte pas l'obligation de reclassement ?
Si l'employeur ne respecte pas son obligation de reclassement, l'autorisation de licenciement peut être annulée par le juge administratif, et le salarié peut prétendre à une indemnisation.
Quel est le rôle du ministre du travail dans les recours hiérarchiques ?
Le ministre du travail peut être saisi d'un recours hiérarchique contre une décision de l'inspecteur du travail. Il peut confirmer, annuler ou réformer la décision.

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