Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 16 juillet 2026, n° 511359

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511359.20260716

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour administrative d'appel a-t-elle commis une erreur de droit en jugeant irrecevable la requête en annulation d'un permis de construire au motif que le requérant ne justifiait pas d'un intérêt à agir faute de produire l'accord écrit du loueur pour la cession du contrat de location-gérance ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés de la dénaturation des pièces, de l'erreur de droit au regard de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme et de l'atteinte excessive au droit d'accès au juge, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société NCI II a demandé l'annulation d'un permis de construire délivré à la société Burger King Construction pour un restaurant avec drive.
  • Le tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande par ordonnance du 18 décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté son appel par arrêt du 7 novembre 2025.
  • La société NCI II se pourvoit en cassation contre cet arrêt.
  • Elle soutient que la cour a dénaturé les pièces en estimant qu'elle ne justifiait pas d'une occupation régulière des lieux faute de produire l'accord du loueur pour la cession du contrat de location-gérance.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 600-4 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société NCI II a demandé au tribunal administratif de Caen d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 25 mai 2023 par lequel le président de la communauté de communes Terres d’Argentan Intercom a délivré à la société Burger King Construction un permis de construire portant sur la réalisation d’un restaurant et d’un « drive » ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux. Par une ordonnance n° 2303003 du 18 décembre 2023, le président de la 2e chambre du tribunal administratif a rejeté cette demande. Par un arrêt n° 24NT00510 du 7 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par la société NCI II contre cette ordonnance. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 janvier et 7 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société NCI II demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de la communauté de communes Terres d’Argentan Intercom et de la société Burger King Construction la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. . Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Laude, conseillère d’Etat ; - les conclusions de Mme Leïla Derouich, rapporteure publique ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Waquet, Farge, Hazan, Féliers, avocat de la société NCI II ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société NCI II soutient que : - la cour administrative d’appel a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu’il ressortait de l’article 11.2 du contrat de location-gérance conclu entre M. A... et la société McDonald’s France qu’elle ne pouvait être regardée comme occupant régulièrement les lieux en l’absence de justification de l’accord de la société loueuse pour la cession du contrat ; - à supposer que ce contrat puisse être regardé comme imposant l’accord écrit de la société loueuse en cas de cession, elle a commis une erreur de droit au regard de l’article R. 600-4 du code de l’urbanisme en rejetant sa requête comme irrecevable au motif qu’elle n’avait pas produit cet accord, sans rechercher si les autres éléments versés au dossier permettaient d’établir une occupation régulière du bien en cause ; - elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que les pièces qu’elle avait produites ne permettaient pas d’établir qu’elle occupait régulièrement le bien en cause à la date d’affichage de la demande de permis de construire ; - l’arrêt litigieux porte une atteinte excessive à son droit d’accès au juge, sa situation étant directement affectée par le permis de construire. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société NCI II n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société NCI II. Copie en sera adressée à la communauté de communes Terres d’Argentan Intercom et à la société Burger King Construction. Délibéré à l’issue de la séance du 25 juin 2026 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat et Mme Anne Laude, conseillère d’Etat-rapporteure. Rendu le 16 juillet 2026. La présidente : Signé : Mme Gaëlle Dumortier La rapporteure : Signé : Mme Anne Laude Le secrétaire : Signé : M. Hervé Herber La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Puis-je contester un permis de construire si je suis locataire-gérant ?
Oui, si vous justifiez d'un intérêt à agir, par exemple en occupant régulièrement les lieux. La preuve de cette occupation peut nécessiter de produire l'accord du propriétaire pour la cession du contrat de location-gérance.
Qu'est-ce que l'intérêt à agir pour attaquer un permis de construire ?
L'intérêt à agir est la condition pour être recevable à demander l'annulation d'un permis de construire. Il faut démontrer que la construction autorisée vous affecte directement, par exemple en tant que voisin ou concurrent.
Comment prouver que j'occupe régulièrement un local pour avoir intérêt à agir ?
Vous pouvez produire le contrat de location, des quittances de loyer, ou tout document établissant une occupation légale. Si le contrat prévoit une cession soumise à accord du loueur, il faut fournir cet accord.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas admis ?
Si le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Il faut soulever des moyens de droit ou de fait présentant une sérieux, comme une erreur de droit, une dénaturation des pièces, ou une violation d'un principe fondamental.
Qu'est-ce que l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ?
Cet article impose au requérant qui conteste un permis de construire de justifier d'un intérêt à agir. Il doit notamment démontrer qu'il est directement affecté par le projet.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.