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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 22 juillet 2026, n° 511481

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511481.20260722

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour administrative d'appel a-t-elle commis une erreur de droit en faisant exclusivement dépendre l'appréciation de l'imputabilité au service de la maladie de l'agent des avis médicaux et de l'avis de la commission de réforme ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a demandé au tribunal administratif de Melun l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de reconnaissance de l'imputabilité au service de sa maladie constatée le 23 mai 2016.
  • Elle a également demandé l'annulation de l'arrêté du 29 décembre 2022 l'admettant à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 1er janvier 2023.
  • Le tribunal administratif de Melun a rejeté ses demandes par jugement du 29 février 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 10 novembre 2025.
  • Mme A... se pourvoit en cassation contre cet arrêt.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a, par deux demandes distinctes, demandé au tribunal administratif de Melun d’annuler, d’une part, la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) sur sa demande de reconnaissance de l’imputabilité au service de sa maladie constatée le 23 mai 2016 et, d’autre part, l’arrêté du 29 décembre 2022 par lequel elle a été admise à la retraite pour invalidité non imputable au service à compter du 1er janvier 2023. Par un jugement n° 2103674 et 2302591 du 29 février 2024, le tribunal administratif de Melun a rejeté ses demandes. Par un arrêt n° 24PA01947 du 10 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par Mme A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 janvier et 13 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Sucy-en-Brie la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Géraud Sajust de Bergues, conseiller d’Etat, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, avocat de Mme A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme A... soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - a commis une erreur de droit en faisant exclusivement dépendre l’appréciation de l’imputabilité au service de sa maladie des avis médicaux et de l’avis de la commission de réforme ; - a, quoi qu’il en soit, inexactement qualifié les faits en jugeant que sa maladie, les congés nécessités et sa mise consécutive à la retraite pour invalidité n’étaient pas imputables au service, alors qu’aucune des pièces du dossier soumis à la cour ne vient établir que son état pathologique préexistant aurait constitué la cause exclusive de la dégradation de son état de santé. 3. Ces moyens ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée à la commune de Sucy-en-Brie. Délibéré à l'issue de la séance du 9 juillet 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Laurent Cytermann, conseiller d'Etat et M. Sajust de Bergues, conseiller d’Etat-rapporteur. Rendu le 22 juillet 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte Le rapporteur : Signé : M. Sajust de Bergues La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Comment faire reconnaître une maladie comme imputable au service ?
Il faut déposer une demande auprès de l'administration, qui saisit la commission de réforme. Celle-ci rend un avis sur l'imputabilité, mais l'administration prend la décision finale.
Quels sont les recours contre un refus de reconnaissance d'imputabilité au service ?
Vous pouvez former un recours gracieux ou hiérarchique, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif, et éventuellement en appel et en cassation.
Quel est le rôle de la commission de réforme dans l'appréciation de l'imputabilité ?
La commission de réforme rend un avis médical sur l'imputabilité, mais l'administration n'est pas liée par cet avis. Le juge peut toutefois tenir compte de cet avis.
Peut-on contester un avis médical dans le cadre d'une demande d'imputabilité ?
Oui, il est possible de contester l'avis médical en demandant une expertise ou en apportant des éléments médicaux contraires.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux dans un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui est susceptible de remettre en cause la décision attaquée. S'il n'y a pas de moyen sérieux, le pourvoi n'est pas admis.

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