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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 31 juillet 2026, n° 511569

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511569.20260731

Synthèse de la décision

Question juridique

Le préfet peut-il ordonner le dessaisissement des armes et prononcer une interdiction d'acquisition et de détention d'armes à l'encontre d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ?

Principe retenu

L'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure permet au préfet de prononcer le dessaisissement des armes et l'interdiction d'acquisition et de détention d'armes à l'encontre d'une personne dont le comportement ou l'état de santé présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui. Cette mesure peut être prise à l'encontre d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, dès lors que son comportement ou son état de santé présente un tel danger.

Faits clés

  • M. B... est un ressortissant étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
  • Le préfet du Calvados a pris un arrêté le 3 décembre 2023 ordonnant le dessaisissement de ses armes, prononçant une interdiction d'acquisition et de détention d'armes et l'inscrivant au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes.
  • M. B... a contesté cet arrêté devant le tribunal administratif de Caen, qui a rejeté sa demande.
  • La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel formé par M. B... contre ce jugement.
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, soutenant que le préfet avait commis une erreur de fait et une erreur d'appréciation en estimant que son comportement ou son état de santé présentait un danger grave pour lui-même ou pour autrui.

Articles cités

article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Caen d’annuler l’arrêté du 3 décembre 2023 par lequel le préfet du Calvados a ordonné le dessaisissement de ses armes, munitions et éléments de toute catégorie, a prononcé une interdiction d’acquisition et de détention des armes, munitions et éléments de toute catégorie et l’a inscrit au fichier national des interdits d’acquisition et de détention d’armes. Par un jugement n° 2400306 du 21 juin 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24NT02525 du 14 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Nantes a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 14 janvier et 14 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la sécurité intérieure ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes. - les conclusions de Mme Marie Sirinelli, rapporteure publique. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin-Gougeon, avocat de M. B.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il estime que le préfet du Calvados n’a commis ni erreur de fait ni erreur d’appréciation en estimant que son comportement ou son état de santé était de nature à présenter un danger grave pour lui-même ou pour autrui au sens de l’article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure. 3. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l’issue de la séance du 18 juin 2026 : où siégeaient : M. Jérôme Marchand-Arvier, assesseur, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d’Etat et Mme Coralie Albumazard, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 31 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jérôme Marchand-Arvier La rapporteure: Signé : Mme Coralie Albumazard Le secrétaire : Signé : M. Mickaël Lemasson La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Le préfet peut-il me retirer mes armes si je suis sous le coup d'une OQTF ?
Oui, le préfet peut ordonner le dessaisissement de vos armes et prononcer une interdiction d'acquisition et de détention d'armes si votre comportement ou votre état de santé présente un danger grave pour vous-même ou pour autrui, même si vous êtes sous le coup d'une OQTF.
Quels sont les critères pour être interdit d'armes ?
Les critères sont définis à l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure : le comportement ou l'état de santé de la personne doit présenter un danger grave pour elle-même ou pour autrui.
Puis-je contester une décision de dessaisissement d'armes ?
Oui, vous pouvez contester cette décision devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de sa notification, puis en appel et en cassation.
Qu'est-ce que le fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes ?
C'est un fichier qui recense les personnes interdites d'acquérir ou de détenir des armes. L'inscription à ce fichier est une conséquence de la décision d'interdiction.
Comment faire pour récupérer mes armes après une interdiction ?
Vous devez demander au préfet la levée de l'interdiction si les conditions qui l'ont motivée ont cessé. Le préfet peut alors abroger la mesure.
Quelle est la durée d'une interdiction d'armes ?
La durée n'est pas fixe ; elle dépend de la situation. L'interdiction peut être levée si le danger disparaît, mais elle peut aussi être définitive si le danger persiste.

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