Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 26 mai 2026, n° 511571

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511571.20260526

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une opposition à déclaration préalable est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Altanova Distribution a déposé une déclaration préalable pour modifier la façade d'un immeuble à Puteaux afin d'y aménager un commerce alimentaire.
  • Le maire de Puteaux s'est opposé à cette déclaration préalable par décision du 1er octobre 2025.
  • La société a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de suspendre cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Par ordonnance du 30 décembre 2025, le juge des référés a rejeté sa demande.
  • La société s'est pourvue en cassation devant le Conseil d'État, invoquant plusieurs moyens.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Altanova Distribution a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise de suspendre, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de la décision du 1er octobre 2025 par laquelle le maire de Puteaux (Hauts-de-Seine) s’est opposé à la déclaration préalable qu’elle a déposée afin de procéder à la modification de la façade du rez-de-chaussée d’un ensemble immobilier en vue de l’aménagement d’un commerce alimentaire. Par une ordonnance n° 2521153 du 30 décembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 14 et 28 janvier et le 14 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société Altanova Distribution demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Puteaux la somme de 3 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Chloé Szafran, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Clément Malverti, rapporteur public, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Guérin, Gougeon, avocat de la société Altanova Distribution ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 16 avril 2026, présentée par la société Altanova Distribution ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la société Altanova Distribution soutient qu’elle est entachée : - d’irrégularité, d’une part, en omettant de mentionner que son avocate, Me Joly, a été entendue lors de l’audience publique et, d’autre part, en mentionnant par erreur les observations de « Me Verschave, substituant Me Joly », qui n’est pas avocat et a simplement présenté des observations orales complémentaires ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en retenant que le moyen tiré de ce que le maire de Puteaux a méconnu le principe d’indépendance des législations en se fondant sur la saturation commerciale du domaine communal pour justifier son opposition à la déclaration préalable n’était pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse ; - de dénaturation des pièces du dossier en retenant que le moyen tiré de ce que le maire de Puteaux a considéré à tort que le projet litigieux porte atteinte au caractère général et à l’aspect des lieux avoisinants et de la rue d’implantation n’était pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Altanova Distribution n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Altanova Distribution. Copie en sera adressée à la commune de Puteaux.

Questions fréquentes

Puis-je contester une opposition à déclaration préalable ?
Oui, vous pouvez demander au juge administratif d'annuler la décision d'opposition, notamment par un recours pour excès de pouvoir, et éventuellement demander sa suspension en référé.
Comment suspendre une décision d'urbanisme ?
Vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
C'est un filtre préalable devant le Conseil d'État : le pourvoi n'est admis que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté par une décision motivée.
Le maire peut-il s'opposer à un projet commercial pour cause de saturation commerciale ?
En principe, le maire ne peut pas se fonder sur des considérations commerciales pour s'opposer à une déclaration préalable, sauf si le document d'urbanisme le prévoit. Le principe d'indépendance des législations s'applique.
Que faire si mon avocat n'a pas été entendu à l'audience ?
Vous pouvez invoquer une irrégularité de la procédure, mais cela ne suffit pas toujours à obtenir l'annulation. Il faut démontrer que cela a pu influencer la décision.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.