Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 10 juillet 2026, n° 511689

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511689.20260710

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'indemnisation pour troubles anormaux de voisinage est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme B... ont demandé au tribunal administratif de Lille l'annulation de la décision implicite de la commune de Givenchy-en-Gohelle rejetant leur demande indemnitaire préalable.
  • Ils ont également demandé d'enjoindre à la commune de prendre des mesures pour faire cesser les troubles résultant de l'implantation d'une aire de jeux à proximité de leur propriété, et de les indemniser.
  • Le tribunal administratif de Lille a rejeté leur demande par un jugement du 24 septembre 2024.
  • La cour administrative d'appel de Douai a rejeté leur appel par un arrêt du 20 novembre 2025.
  • M. et Mme B... se pourvoient en cassation contre cet arrêt.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 741-12 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... et Mme D... B... née C..., son épouse, ont demandé au tribunal administratif de Lille d’annuler la décision implicite par laquelle la commune de Givenchy-en-Gohelle a rejeté leur demande indemnitaire préalable, d’enjoindre à cette commune de prendre les mesures propres à faire cesser les troubles qu’ils estiment subir du fait de l’implantation d’une aire de jeux à proximité de leur propriété et de condamner cette commune à leur verser une indemnité en réparation de leurs préjudices. Par un jugement n° 2104545 du 24 septembre 2024, le tribunal administratif de Lille a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 24DA02279 du 20 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Douai a rejeté l’appel formé par M. et Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 janvier et 14 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. et Mme B... au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Givenchy-en-Gohelle la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Marie Lehman, maîtresse des requêtes en service extraordinaire ; - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Rocheteau, Uzan-Sarano & Goulet, avocat de M. et Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, M. et Mme B... soutiennent que la cour administrative d’appel de Douai a : - entaché son arrêt d’irrégularité, l’a insuffisamment motivé et commis une erreur de droit en s’abstenant de répondre au moyen tiré de l’absence de communication d’un mémoire par les juges de première instance ; - commis une erreur de qualification juridique des faits et dénaturé les pièces du dossier, en écartant l’existence de troubles anormaux de voisinage indemnisables ; - dénaturé les faits et pièces du dossier en retenant que M. B... avait participé en connaissance de cause à la décision d’implantation de l’ouvrage litigieux ; - inexactement qualifié les faits en regardant leur recours comme abusif et en leur infligeant une amende sur le fondement de l’article R. 741-12 du code de justice administrative. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B... et Mme D... B.... Copie en sera adressée à la commune de Givenchy-en-Gohelle. Délibéré à l'issue de la séance du 19 juin 2026 où siégeaient : M. Olivier Japiot, président de chambre, présidant ; M. Gilles Pellissier, conseiller d’Etat et Mme Marie Lehman, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 10 juillet 2026, Le président : M. Olivier Japiot La rapporteure : Mme Marie Lehman Le secrétaire : M. Philippe Doumax La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un trouble anormal de voisinage ?
Un trouble anormal de voisinage est un trouble excédant les inconvénients ordinaires de voisinage, engageant la responsabilité de son auteur, même en l'absence de faute.
Comment obtenir réparation pour des troubles anormaux de voisinage causés par une commune ?
Il faut adresser une demande indemnitaire préalable à la commune, puis, en cas de rejet, saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois.
Le Conseil d'État examine-t-il tous les pourvois ?
Non, le pourvoi en cassation fait l'objet d'une procédure d'admission. Il est refusé si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision de non-admission est définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision de la cour administrative d'appel.
Puis-je être condamné pour recours abusif ?
Oui, si votre recours est abusif, le juge peut vous infliger une amende, comme le prévoit l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.