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Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 23 juillet 2026, n° 511711

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511711.20260723

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une sanction disciplinaire du CNESER est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été poursuivi disciplinairement par le président de l'EPHE-PSL devant le CNESER.
  • Le CNESER a interdit à M. B... d'exercer toutes fonctions d'enseignement et de recherche pour cinq ans et l'a privé de la totalité de son traitement pendant la même période.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette décision.
  • Il a invoqué des moyens tirés de l'irrégularité de la procédure, de la méconnaissance des droits de la défense, de la dénaturation des pièces et du caractère disproportionné de la sanction.
  • Le Conseil d'Etat a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 712-31 du code de l'éducation article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Le président de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE-PSL) a saisi le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), statuant en matière disciplinaire, de poursuites disciplinaires visant M. A... B.... Par une décision du 17 novembre 2025, le CNESER a interdit à M. B... d’exercer toutes fonctions d’enseignement et de recherche dans tout établissement public d’enseignement supérieur pour une durée de cinq ans et l’a privé pendant la même période de la totalité de son traitement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 janvier et 9 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette décision ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses conclusions présentées devant le CNESER ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’éducation ; - le code général de la fonction publique ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Camille Belloc, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger, Zajdela, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Pour demander l’annulation de la décision du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche, statuant en matière disciplinaire, qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée : - d’irrégularité en ce qu’il n’a pas été informé de son droit de se taire ni avant son audition devant la commission d’enquête administrative, ni avant sa convocation devant la commission d’instruction pendant la procédure disciplinaire, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 712-31 du code de l’éducation ; - d’une méconnaissance des droits de la défense dès lors que l’instruction a été menée exclusivement à charge ; - de dénaturation des pièces du dossier dès lors qu’elle retient que la matérialité des faits d’attouchements sexuels dénoncés par une de ses étudiantes est établie et de nature à constituer une faute justifiant une sanction disciplinaire. Il soutient, en outre, que cette décision prononce une sanction hors de proportion avec les fautes qui lui sont reprochées. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au président de l’Ecole pratique des hautes études (EPHE-PSL) et au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace. Délibéré à l'issue de la séance du 25 juin 2026 où siégeaient : Mme Aurélie Bretonneau, conseillère d’Etat, présidant ; M. Raphaël Chambon, conseiller d'Etat et Mme Camille Belloc, maîtresse des requêtes-rapporteure. Rendu le 23 juillet 2026 La présidente : Signé : Mme Aurélie Bretonneau La rapporteure : Signé : Mme Camille Belloc La secrétaire : Signé : Mme Laureen Le Bras La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quelle est la procédure pour contester une sanction disciplinaire du CNESER ?
Vous devez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat dans un délai de deux mois. Le pourvoi doit être admis, c'est-à-dire qu'il doit soulever un moyen sérieux.
Quels sont les moyens pouvant justifier l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent être de nature à entraîner l'annulation de la décision, par exemple une irrégularité de procédure, une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une erreur manifeste d'appréciation.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision du CNESER devient définitive. Vous ne pouvez plus la contester, sauf à invoquer des faits nouveaux ou une voie de recours extraordinaire.
Puis-je être privé de mon traitement pendant une sanction disciplinaire ?
Oui, le CNESER peut prononcer une privation de traitement, mais elle doit être proportionnée à la gravité des faits.

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