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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 30 juillet 2026, n° 511832

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511832.20260730

Synthèse de la décision

Question juridique

La cour administrative d'appel a-t-elle commis une erreur de droit ou une inexacte qualification juridique des faits en jugeant que les décisions d'inaptitude d'une élève de l'école nationale de police n'étaient pas fautives, alors que l'intéressée a été titularisée et a obtenu de bonnes notes ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante, tirés d'une erreur de droit et d'une inexacte qualification juridique des faits, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme A... a été déclarée inapte à poursuivre sa scolarité à l'école nationale de police par plusieurs décisions.
  • Elle a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l'État à l'indemniser des préjudices résultant de ces décisions.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par un jugement du 22 mars 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par un arrêt du 1er décembre 2025.
  • Mme A... se pourvoit en cassation contre cet arrêt, soutenant que la cour n'a pas statué sur l'illégalité fautive de la décision de la commission de recours du 28 avril 2016 et a commis une inexacte qualification juridique des faits en retenant que les décisions d'inaptitude n'étaient pas fautives malgré ses notes et sa titularisation ultérieure.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil de condamner l’Etat à l’indemniser des préjudices qu’elle estime avoir subis du fait de l’illégalité fautive des décisions l’ayant déclarée inapte à poursuivre sa scolarité à l’école nationale de police. Par un jugement n° 2104667 du 22 mars 2024, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA01970 du 1er décembre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par Mme A... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 janvier et 21 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - l’arrêté du 18 octobre 2005 portant organisation de la formation initiale du premier grade du corps d'encadrement et d'application de la police nationale ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Sarah Houllier, maîtresse des requêtes ; - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jéhannin, avocat de Mme A.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, Mme A... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce que la cour n’a pas statué sur l’illégalité fautive de la décision de la commission de recours du 28 avril 2016 ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’elle retient, en dépit de ses notes et de sa titularisation ultérieure, que les décisions d’inaptitude la concernant ne sont pas fautives. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l’issue de la séance du 2 juillet 2026 : où siègeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d’Etat et Mme Sarah Houillier, maîtresse des requêtes-rapporteur. Rendu le 30 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon La rapporteure : Signé : Mme Sarah Houllier La secrétaire : Signé : Mme Andréa Torno La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française qui vise à faire annuler une décision rendue par une cour administrative d'appel, mais uniquement pour des motifs de droit, pas pour rejuger les faits.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de droit qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée.
Puis-je être indemnisé si je suis déclaré inapte à tort ?
Oui, si la décision d'inaptitude est illégale et fautive, vous pouvez demander réparation à l'État devant le tribunal administratif, puis en appel et en cassation.
Quelle est la différence entre une erreur de droit et une inexacte qualification juridique des faits ?
L'erreur de droit consiste à appliquer une règle de droit de manière incorrecte, tandis que l'inexacte qualification juridique des faits consiste à qualifier juridiquement les faits de manière erronée, par exemple en considérant qu'un fait ne constitue pas une faute.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
Si le pourvoi n'est pas admis, la décision de la cour administrative d'appel devient définitive et vous ne pouvez plus la contester.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel.

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