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Conseil d'État, 1ère chambre jugeant seule, 20 mai 2026, n° 511896

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511896.20260520

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel annulant un sursis à statuer sur une demande de permis de construire est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par la commune n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2019 par lequel le maire de Saint-Clément-sur-Durance a opposé un sursis à statuer à sa demande de permis de construire.
  • Le tribunal administratif de Marseille a annulé cet arrêté par jugement du 13 décembre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel de la commune par arrêt du 24 novembre 2025.
  • La commune a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.
  • La commune soutenait notamment une erreur de droit concernant l'application des articles L. 153-11 et L. 424-1 du code de l'urbanisme.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 153-11 du code de l'urbanisme article L. 424-1 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 26 novembre 2019 par lequel le maire de Saint-Clément-sur-Durance (Hautes-Alpes) a opposé un sursis à statuer à sa demande de permis de construire sur les parcelles cadastrées section D nos 4 et 5, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux. Par un jugement n° 2003484 du 13 décembre 2023, le tribunal administratif a fait droit à cette demande. Par un arrêt n° 24MA00301 du 24 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par la commune de Saint-Clément-sur-Durance contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 janvier et 26 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune de Saint-Clément-sur-Durance demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 2°) de mettre à la charge de M. B... la somme de 4 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Vincent Malapert, auditeur, - les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Bauer-Violas, Feschotte-Desbois, Sebagh, avocat de la commune de Saint-Clément-sur-Durance ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la commune de Saint-Clément-sur-Durance soutient que : - la cour administrative d’appel a commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de ce que le tribunal administratif avait soulevé d’office le moyen, qui n’était pas d’ordre public, tiré de ce que la décision de sursis à statuer devait être analysée comme procédant au retrait du permis tacitement accordé ; - elle a commis une erreur de droit au regard des articles L. 153-11 et L. 424-1 du code de l’urbanisme et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’à la date de délivrance du certificat d’urbanisme, le plan local d’urbanisme en cours d’élaboration ne justifiait pas que soit opposé un sursis à statuer à la demande de permis de construire ; - elle a commis une erreur de droit en se fondant, pour juger que l’arrêté litigieux était illégal, sur des circonstances postérieures à la date de délivrance du certificat d’urbanisme ; - elle commis une erreur de droit en écartant sa demande de substitution de motifs. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Saint-Clément-sur-Durance n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la commune de Saint-Clément-sur-Durance. Copie en sera adressée à M. A... B.... Délibéré à l’issue de la séance du 16 avril 2026 où siégeaient : M. Jean-Luc Nevache, conseiller d’Etat, présidant ; M. Julien Boucher, conseiller d’Etat et M. Vincent Malapert, auditeur-rapporteur. Rendu le 20 mai 2026. Le président : Signé : M. Jean-Luc Nevache Le rapporteur : Signé : M. Vincent Malapert La secrétaire : Signé : Mme Vasantha Breme

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un sursis à statuer sur une demande de permis de construire ?
Un sursis à statuer est une décision par laquelle l'administration reporte sa décision sur une demande de permis de construire, généralement en attendant l'approbation d'un document d'urbanisme en cours d'élaboration.
Comment contester un sursis à statuer ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de la décision, puis éventuellement en appel et en cassation.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel. Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi doit soulever un moyen sérieux.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur au moins un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Un certificat d'urbanisme peut-il justifier un sursis à statuer ?
Oui, si le certificat d'urbanisme indique que le projet est susceptible d'être autorisé mais que des dispositions d'urbanisme sont en cours d'élaboration, un sursis à statuer peut être opposé dans les conditions prévues par le code de l'urbanisme.
Qu'est-ce qu'une substitution de motifs ?
C'est une demande faite par l'administration pour remplacer les motifs initialement invoqués par d'autres motifs, afin de justifier la légalité de sa décision. Elle peut être demandée en cours d'instance.

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