Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 30 juillet 2026, n° 511915

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511915.20260730

Synthèse de la décision

Question juridique

L'arrêté du maire interdisant la circulation des véhicules à moteur sur un chemin communal est-il légal et proportionné au regard de la liberté de circulation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Le maire de Weislingen a interdit de manière permanente la circulation des véhicules à moteur sur le chemin communal n° 1, avec des exceptions pour les riverains, les forces de l'ordre, etc.
  • Mme B... et autres ont demandé l'annulation de cet arrêté devant le tribunal administratif de Strasbourg, qui a rejeté leur demande.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a rejeté l'appel formé contre ce jugement.
  • Les requérants se pourvoient en cassation devant le Conseil d'État, soulevant des moyens d'erreur de droit, de dénaturation et d'inexacte qualification juridique des faits.
  • Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'est sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... B..., M. A... D... et Mme E... F... ont demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 5 novembre 2020 par lequel le maire de Weislingen (Bas-Rhin) a interdit de manière permanente la circulation des véhicules à moteur sur le chemin communal n° 1 sur la section comprise entre l’intersection de la rue de Weislingen et la RD 919 et la limite du territoire de la commune, à l’exception des véhicules des propriétaires ou exposants des parcelles riveraines et des véhicules des forces de l’ordre, de gestionnaire de la voirie et de secours, ainsi que la décision implicite de rejet de leur second recours gracieux formé le 6 janvier 2021. Par un jugement nos 2102643, 2102646 du 27 décembre 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté leur demande. Par un arrêt n° 23NC01076 du 25 novembre 2025, la cour administrative d’appel de Nancy a rejeté l’appel formé par Mme B... et autres contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 janvier et 27 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... et autres demandent au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à leur appel ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Weislingen la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code de justice administrative ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 2 juillet 2026, présentée par Mme B... et autres ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Léo Paillard, auditeur ; - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger & Zajdela, avocat de Mme B... et autres. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’ils attaquent, Mme B... et autres soutiennent qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce qu’il juge que l’annulation partielle de l’arrêté du maire de Tieffenbach du 23 septembre 2020 réglementant la circulation sur le même chemin pour sa partie située sur le territoire de cette commune est sans incidence sur la légalité de l’arrêté du maire de Weislingen ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que le chemin en cause présente un risque pour la sécurité des usagers ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient que l’arrêté en litige est proportionné aux buts en vue desquels il a été pris et ne porte pas une atteinte excessive à la liberté de circulation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... et autres n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à C... B..., première requérante dénommée. Copie en sera adressée à la commune de Weislingen. Délibéré à l’issue de la séance du 2 juillet 2026 : où siègeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d’Etat et M. Léo Paillard, auditeur-rapporteur. Rendu le 30 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Léo Paillard La secrétaire : Signé : Mme Andréa Torno La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Le maire peut-il interdire la circulation sur un chemin communal ?
Oui, le maire peut, dans le cadre de ses pouvoirs de police, réglementer la circulation sur les chemins communaux, notamment pour des raisons de sécurité ou de protection de l'environnement, mais cette mesure doit être proportionnée et ne pas porter une atteinte excessive à la liberté de circulation.
Quelles sont les conditions pour qu'un arrêté municipal de restriction de circulation soit légal ?
L'arrêté doit être motivé par un motif d'intérêt général (sécurité, tranquillité, etc.), être proportionné à l'objectif poursuivi, et ne pas porter une atteinte excessive à la liberté de circulation. Il doit également respecter les règles de compétence et de procédure.
Que faire si un arrêté municipal m'empêche de circuler sur un chemin ?
Vous pouvez former un recours gracieux auprès du maire, puis un recours contentieux devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. Si vous êtes débouté, vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative (comme une cour administrative d'appel). Il est soumis à une procédure d'admission : le pourvoi n'est admis que s'il soulève un moyen sérieux.
Quels sont les moyens pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Il faut soulever un moyen de droit (erreur de droit, dénaturation des faits, inexacte qualification juridique des faits, etc.) qui soit de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Un arrêté municipal peut-il restreindre la liberté de circulation ?
Oui, mais cette restriction doit être justifiée par un motif d'intérêt général et être proportionnée. La liberté de circulation est un principe fondamental, mais elle peut être limitée pour des raisons de sécurité, de salubrité, etc.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.