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Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 24 juillet 2026, n° 511979

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:511979.20260724

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de rejet pour irrecevabilité manifeste est-il admis lorsque le requérant invoque une erreur de droit, une dénaturation et une irrégularité de procédure ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif d'Orléans l'annulation d'un courrier du 3 juin 2025 du service des impôts des particuliers de Vendôme lui réclamant 953,40 euros de pénalités en matière de taxes foncières.
  • Par ordonnance du 28 novembre 2025, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif a rejeté sa demande comme ne contenant l'exposé d'aucun moyen.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, soutenant que le président avait commis une erreur de droit, dénaturé les pièces du dossier, fait un usage abusif de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, et statué au terme d'une procédure irrégulière.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens du pourvoi et a estimé qu'aucun n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.
  • Le Conseil d'État a donc décidé de ne pas admettre le pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 222-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif d’Orléans d’annuler le courrier du 3 juin 2025 par lequel le service des impôts des particuliers de Vendôme lui a indiqué qu’il restait redevable d’une somme de 953,40 euros au titre de pénalités en matière de taxes foncières. Par une ordonnance n° 2503541 du 28 novembre 2025, le président de la 3ème chambre de ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 janvier et 28 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Blondy-Touret, conseillère d’Etat, - les conclusions de M. Charles-Emmanuel Airy, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Boré, Salve de Bruneton, Mégret, avocat de M. B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’État fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le président de la 3ème chambre du tribunal administratif d’Orléans : - a commis une erreur de droit, dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et fait un usage abusif des dispositions de l’article R. 222-1 du code de justice administrative en rejetant sa requête comme ne contenant l’exposé d’aucun moyen ; - a commis une erreur de droit et fait un usage abusif des dispositions de l’article R. 222-1 du code de justice en rejetant sa demande par ordonnance, sans l’avoir invité à la régulariser ; - a statué au terme d’une procédure irrégulière et a commis une erreur de droit en rejetant sa demande par ordonnance, alors qu’il était manifeste que son avocate s’apprêtait à produire un mémoire complémentaire. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 9 juillet 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; Mme Nathalie Escaut, conseillère d'Etat et Mme Anne Blondy-Touret, conseillère d’Etat-rapporteure. Rendu le 24 juillet 2026. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti La rapporteure : Signé : Mme Anne Blondy-Touret Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, visant à faire censurer une erreur de droit ou une irrégularité.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée, c'est-à-dire un moyen qui n'est pas manifestement infondé.
Puis-je contester une ordonnance de rejet pour irrecevabilité ?
Oui, vous pouvez former un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, mais il doit être fondé sur des moyens sérieux, comme une erreur de droit ou une irrégularité de procédure.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, sauf dispositions contraires.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Vous ne pouvez plus la contester, sauf recours en rectification d'erreur matérielle dans certains cas.

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