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Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 29 juillet 2026, n° 512188

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:512188.20260729

Synthèse de la décision

Question juridique

Un ensemble de bâtiments nécessitant une réfection complète de toitures, maçonnerie, sols et escaliers, mais sans atteinte significative au gros œuvre, a-t-il perdu son caractère de propriété bâtie au sens des articles 1380 et 1415 du CGI ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la société requérante, tirés d'une erreur de droit et d'une dénaturation des pièces du dossier, n'ont pas été jugés de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Prologia a demandé la réduction de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2021 et 2022 à Saint-Benoît (La Réunion).
  • Le tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande par jugement du 21 octobre 2025.
  • La société Prologia a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • Elle soutenait que ses bâtiments nécessitaient une réfection complète des toitures, de la maçonnerie, des sols et des escaliers.
  • Le tribunal avait jugé qu'il ne résultait pas de l'instruction une atteinte significative au gros œuvre.

Articles cités

article 1380 du code général des impôts article 1415 du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Prologia a demandé au tribunal administratif de La Réunion de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2021 et 2022 dans les rôles de la commune de Saint-Benoît (La Réunion). Par un jugement n° 2401500 du 21 octobre 2025, ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 février et 4 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Prologia demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Benoît Chatard, auditeur, - les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Gury & Maître, avocat de la société Prologia ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’elle attaque, la société Prologia soutient que le tribunal administratif de La Réunion a commis une erreur de droit au regard des dispositions des articles 1380 et 1415 du code général des impôts et dénaturé les pièces du dossier en jugeant, après avoir constaté que ses bâtiments nécessitaient, notamment, une réfection complète des toitures, de la maçonnerie, des sols et des escaliers, qu’il ne résultait pourtant pas de l’instruction d’atteinte significative au gros œuvre, pour en déduire que cet ensemble de bâtiments n’avait pas perdu, au 1er janvier des années d’imposition en litige, son caractère de propriété bâtie. 3. Ces moyens ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société Prologia n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Prologia. Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 25 juin 2026 où siégeaient : M. Nicolas Polge, assesseur, présidant ; M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat et M. Benoît Chatard, auditeurrapporteur. Rendu le 29 juillet 2026. Le président : Signé : M. Nicolas Polge Le rapporteur : Signé : M. Benoît Chatard Le secrétaire : Signé : M. Gilles Ho La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quand un bâtiment est-il considéré comme ayant perdu son caractère de propriété bâtie ?
Un bâtiment perd son caractère de propriété bâtie lorsqu'il est dans un état tel qu'il ne peut plus être utilisé, notamment si le gros œuvre est atteint de manière significative. De simples travaux de réfection (toiture, sols) sans atteinte au gros œuvre ne suffisent pas.
Quels travaux permettent de bénéficier d'une exonération de taxe foncière ?
Les travaux doivent être d'une importance telle qu'ils privent le bâtiment de son caractère de propriété bâtie, c'est-à-dire une atteinte significative au gros œuvre. Des travaux de réfection courants ne suffisent pas.
Comment contester une taxe foncière si mon bâtiment est en mauvais état ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif pour demander une réduction ou une exonération, en apportant la preuve que le bâtiment a perdu son caractère de propriété bâtie, par exemple par des expertises démontrant une atteinte au gros œuvre.
Qu'est-ce qu'une atteinte significative au gros œuvre ?
C'est une dégradation des éléments structurels du bâtiment (murs porteurs, charpente, fondations) qui compromet sa solidité et le rend impropre à l'usage auquel il était destiné.
Quelle est la procédure pour former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois après la notification du jugement. Il est soumis à une procédure d'admission : le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Les moyens doivent révéler une erreur de droit, une dénaturation des faits ou une irrégularité de procédure. Des moyens reposant sur une simple appréciation des faits ne sont pas considérés comme sérieux.

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