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Conseil d'État, 2ème chambre jugeant seule, 16 juin 2026, n° 512396

Admission partielle en cassation Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:512396.20260616

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés peut-il, en cas de suspension d'une décision de retrait d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable de travaux, enjoindre à l'autorité compétente de délivrer à titre provisoire une nouvelle décision de non-opposition ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune sont de nature à permettre l'admission des conclusions du pourvoi dirigées contre l'ordonnance en tant qu'elle enjoint à la maire de délivrer à titre provisoire une décision de non-opposition à la déclaration de travaux.

Faits clés

  • La société SFR a déposé une déclaration préalable de travaux pour l'implantation d'une antenne de radiotéléphonie mobile et d'un enclos grillagé.
  • Le 23 septembre 2025, la maire de Drémil-Lafage a délivré une décision de non-opposition à cette déclaration.
  • Le 28 novembre 2025, la maire a retiré cette décision de non-opposition.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a suspendu l'exécution de l'arrêté de retrait et enjoint à la maire de prendre, à titre provisoire, un arrêté de non-opposition dans un délai de quinze jours.
  • La commune de Drémil-Lafage a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société SFR a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 28 novembre 2025 par lequel la maire de Drémil-Lafage (Haute-Garonne) a retiré l’arrêté du 23 septembre 2025 lui ayant délivré une décision de non-opposition à sa déclaration préalable de travaux portant sur l’implantation d’une antenne de radiotéléphonie mobile et d’un enclos grillagé. Par une ordonnance n° 2509201 du 21 janvier 2026, le juge des référés du tribunal administratif a, d’une part, suspendu l’exécution de cet arrêté et, d’autre part, enjoint à la maire de Drémil-Lafage de prendre, à titre provisoire, un arrêté de non-opposition à cette déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification de son ordonnance. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 et 23 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la commune de Drémil-Lafage demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de la société SFR la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Pierra Mery, maîtresse des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique, La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de la commune de Drémil-Lafage ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune de Drémil-Lafage soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en retenant qu’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté le moyen pris de ce que les ordonnances des 17 juillet et 14 août 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse présentent un caractère exécutoire, alors qu’elle a été saisie d’un recours gracieux qui constitue une circonstance nouvelle, que l’ordonnance du 14 août 2025 ne présente pas de caractère exécutoire, et que cet arrêté se fonde sur des motifs nouveaux tirés de la méconnaissance, par le projet litigieux, des articles A4, A10 et A11 du règlement du plan local d’urbanisme ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en retenant qu’est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté le moyen pris de ce qu’il ne repose sur aucun motif légalement justifié, sans désigner avec suffisamment de précision les moyens jugés sérieux et sans répondre à l’argumentation par laquelle elle faisait valoir que le projet litigieux méconnait les dispositions des articles A6 et A10 du règlement du plan local d’urbanisme ; - d’une méconnaissance de son office par le juge des référés en ce qu’il ne résulte pas nécessairement de sa décision de suspendre la décision de retrait de la décision de non-opposition à la déclaration préalable de travaux, d’enjoindre à sa maire de prendre un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable de travaux, la suspension de la décision de retrait ayant pour effet de remettre en vigueur la décision de non-opposition antérieurement prise. 3. Ces moyens sont uniquement de nature à permettre l’admission des conclusions du pourvoi qui sont dirigées contre l’ordonnance attaquée en tant qu’elle enjoint à la maire de Drémil-Lafage de délivrer à titre provisoire à la société SFR une décision de non-opposition à sa déclaration de travaux dans un délai de 15 jours à compter de sa notification. D E C I D E : -------------- Article 1er : Les conclusions du pourvoi de la commune de Drémil-Lafage qui sont dirigées contre l’ordonnance attaquée en tant qu’elle enjoint à son maire de délivrer à titre provisoire à la société SFR une décision de non-opposition à sa déclaration de travaux dans un délai de 15 jours à compter de sa notification sont admises. Article 2 : Le surplus des conclusions du pourvoi de la commune de Drémil-Lafage n’est pas admis. Article 3 : La présente décision sera notifiée à la commune de Drémil-Lafage. Copie en sera adressée à la société SFR et à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation. Délibéré à l'issue de la séance du 21 mai 2026 où siégeaient : M. Alain Seban, conseiller d'Etat, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et Mme Pierra Mery, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 16 juin 2026. Le président : Signé : M. Alain Seban La rapporteure : Signé : Mme Pierra Mery Le secrétaire : Signé : M. Guillaume Auge La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que faire si la mairie retire une décision de non-opposition à ma déclaration préalable ?
Vous pouvez contester ce retrait devant le juge administratif, notamment en demandant une suspension en référé si l'urgence est caractérisée et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité du retrait.
Le juge des référés peut-il m'obliger à délivrer une autorisation provisoire ?
Oui, dans le cadre d'une suspension, le juge des référés peut assortir sa décision d'une injonction, par exemple de délivrer une décision de non-opposition à titre provisoire, si cela est nécessaire à l'effet utile de la suspension.
Qu'est-ce qu'une procédure d'admission en cassation ?
Devant le Conseil d'État, le pourvoi en cassation est soumis à une procédure d'admission : il n'est admis que s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté.
Quels sont les moyens sérieux pour contester un retrait de non-opposition ?
Les moyens peuvent porter sur l'illégalité du retrait (incompétence, vice de forme, défaut de motivation, erreur de droit, erreur d'appréciation) ou sur la méconnaissance des règles d'urbanisme.
Une antenne relais peut-elle être installée sans autorisation d'urbanisme ?
Non, l'implantation d'une antenne relais nécessite généralement une déclaration préalable ou un permis de construire selon sa hauteur et son emplacement, conformément au code de l'urbanisme.

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