Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 4ème chambre jugeant seule, 29 avril 2026, n° 512439

Publication : C ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:512439.20260429

Synthèse de la décision

Question juridique

Le sursis à exécution d'une sanction disciplinaire prononcée par la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins peut-il être ordonné lorsque la sanction risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et que les moyens invoqués paraissent sérieux ?

Principe retenu

Selon l'article R. 821-5 du code de justice administrative, le sursis à exécution d'une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort peut être ordonné si cette décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens invoqués paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation de la décision, l'infirmation de la solution retenue par les juges du fond. En l'espèce, l'interdiction d'exercer la médecine pendant six mois dont trois mois avec sursis est susceptible d'entraîner des conséquences difficilement réparables pour la requérante, et le moyen tiré de la dénaturation des faits concernant le défaut de tenue du dossier médical paraît sérieux.

Faits clés

  • Mme B... a porté plainte contre Mme C... devant le conseil départemental de l'ordre des médecins.
  • La chambre disciplinaire de première instance a infligé un avertissement à Mme C... le 14 mars 2023.
  • La chambre disciplinaire nationale a, le 18 décembre 2025, rejeté l'appel de Mme C... et, sur appel de Mme B..., a infligé une interdiction d'exercer la médecine pendant six mois dont trois mois avec sursis.
  • Mme C... a demandé au Conseil d'État de surseoir à l'exécution de cette décision.
  • Le Conseil d'État a constaté que l'exécution de la sanction risquait d'entraîner des conséquences difficilement réparables.

Articles cités

article R. 821-5 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme D... B... a porté plainte contre Mme A... C... devant le conseil départemental des Alpes Maritimes de l’ordre des médecins qui a transmis sa plainte, sans s’y associer, à la chambre disciplinaire de première instance de Provence-Alpes-Côte d’Azur de l’ordre des médecins. Par une décision du 14 mars 2023, la chambre disciplinaire de première instance a infligé à Mme C... la sanction de l’avertissement. Par une décision du 18 décembre 2025, la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins a, d’une part, rejeté l’appel formé par Mme C... contre cette décision et, d’autre part, sur appel de Mme B..., infligé à Mme C... la sanction de l’interdiction d’exercer la médecine pendant six mois dont trois mois assortis du sursis. Par une requête, enregistrée le 6 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme C... demande au Conseil d’Etat d’ordonner, en application de l’article R. 821-5 du code de justice administrative, qu’il soit sursis à l’exécution de cette décision. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la santé publique ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Anne Villette, maîtresse des requêtes, - les conclusions de M. Cyrille Beaufils, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Lyon-Caen, Thiriez, avocat de Mme C... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes du premier alinéa de l’article R. 821-5 du code de justice administrative : « La formation de jugement peut, à la demande de l’auteur du pourvoi, ordonner qu’il soit sursis à l’exécution d’une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort si cette décision risque d’entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens invoqués paraissent, en l’état de l’instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l’annulation de la décision juridictionnelle rendue en dernier ressort, l’infirmation de la solution retenue par les juges du fond. » 2. D’une part, l’exécution de la décision du 18 décembre 2025 de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins, qui interdit à Mme C... l’exercice de la médecine pendant six mois dont trois mois assortis du sursis, risque d’entraîner pour elle des conséquences difficilement réparables. 3. D’autre part, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée de dénaturation et, par suite, d’erreur de qualification juridique en ce qu’elle retient que Mme C... ne tenait pas à jour de dossier médical pour sa patiente et a, ainsi, commis un manquement déontologique paraît, en l’état de l’instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l’annulation de la décision juridictionnelle attaquée, l’infirmation de la solution qu’elle retient. 4. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de surseoir à l’exécution de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins du 18 décembre 2025. D E C I D E : -------------- Article 1er : Il est sursis à l’exécution de la décision de la chambre disciplinaire nationale de l’ordre des médecins du 18 décembre 2025, jusqu’à ce qu’il ait été statué sur le pourvoi de Mme C... tendant à son annulation. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... C... et à Mme D... B.... Copie en sera adressée au Conseil national de l’ordre des médecins et au conseil départemental des Alpes Maritimes de l’ordre des médecins.

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir un sursis à exécution d'une décision juridictionnelle ?
Selon l'article R. 821-5 du code de justice administrative, il faut que la décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et que les moyens invoqués paraissent sérieux et de nature à justifier l'annulation et l'infirmation de la solution retenue.
Qu'est-ce qu'une 'conséquence difficilement réparable' ?
C'est un préjudice qui ne peut pas être facilement compensé par une décision ultérieure, par exemple une interdiction d'exercer une profession qui cause une perte de revenus et de réputation difficile à réparer.
Puis-je demander un sursis à exécution d'une sanction disciplinaire de l'ordre des médecins ?
Oui, si vous êtes l'auteur d'un pourvoi en cassation contre la décision disciplinaire, vous pouvez demander au Conseil d'État de surseoir à son exécution en remplissant les conditions de l'article R. 821-5.
Qu'est-ce qu'une dénaturation des faits ?
C'est une erreur commise par un juge qui interprète les faits de manière manifestement inexacte, sans tenir compte des éléments du dossier. Cela peut constituer un moyen sérieux pour obtenir l'annulation d'une décision.
Quel est le délai pour demander un sursis à exécution ?
Le sursis doit être demandé dans le cadre du pourvoi en cassation, généralement en même temps que le pourvoi ou avant qu'il soit statué sur celui-ci. Il n'y a pas de délai spécifique, mais il est recommandé de le faire rapidement.
Quel est l'effet d'un sursis à exécution ?
Le sursis suspend les effets de la décision attaquée jusqu'à ce que le juge statue sur le pourvoi. Par exemple, la sanction disciplinaire ne s'applique pas pendant cette période.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.