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Conseil d'État, 9ème chambre jugeant seule, 28 juillet 2026, n° 512984

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:512984.20260728

Synthèse de la décision

Question juridique

Le plafond d'exonération de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement doit-il être apprécié en cumulant les superficies des locaux commerciaux situés à la même adresse, même s'ils sont dans des bâtiments distincts ?

Principe retenu

Pour l'application du IV de l'article 231 ter du code général des impôts, le plafond d'exonération de la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement s'apprécie en cumulant les superficies des locaux situés à la même adresse, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de l'architecture ou des dates de construction distinctes des bâtiments.

Faits clés

  • La société CJM Ile-de-France a été assujettie à la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement pour les années 2012, 2013, 2016, 2017 et 2018.
  • Le tribunal administratif de Melun a prononcé un non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements intervenus et rejeté le surplus des conclusions.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel de la société.
  • La société se pourvoit en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Le litige porte sur le cumul des superficies des locaux commerciaux situés à la même adresse pour l'application du plafond d'exonération.

Articles cités

article 231 ter du code général des impôts article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société CJM Ile-de-France a demandé au tribunal administratif de Melun de prononcer la décharge des cotisations de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2012, 2013, 2016, 2017 et 2018 ainsi que des pénalités correspondantes. Par un jugement nos 2006012, 2105200 du 8 février 2024, ce tribunal a prononcé un non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements intervenus en cours d’instance et rejeté le surplus des conclusions de sa demande. Par un arrêt n° 24PA01619 du 19 décembre 2025, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par la société CJM Ile-de-France contre ce jugement en tant qu’il lui était défavorable. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 février et 19 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société CJM Ile-de-France demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de renvoyer l’affaire devant la cour administrative d’appel de Paris ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Agathe Cavaliere, auditrice, - les conclusions de M. Bastien Lignereux, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat de la société CJM Ile-de-France ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’elle attaque, la société CJM Ile-de-France soutient que la cour administrative d’appel de Paris : - a commis une erreur de droit en jugeant que, pour la détermination du plafond d’exonération à la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, il convenait, en application des dispositions du IV de l’article 231 ter du code général des impôts, de cumuler les superficies des locaux commerciaux situés à la même adresse, quand bien même ces locaux étaient situés dans des bâtiments distincts et présentaient des architectures et des dates de construction différentes ; - a inexactement qualifié les faits, ou à tout le moins, dénaturé les pièces du dossier en jugeant qu’il convenait de cumuler les surfaces commerciales des locaux en litige pour l’application du IV de l’article 231 ter du code général des impôts. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société CJM Ile-de-France n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société CJM Ile-de-France. Copie en sera adressée au ministre de l’action et des comptes publics. Délibéré à l'issue de la séance du 16 juillet 2026 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat et Mme Agathe Cavaliere, auditrice-rapporteure. Rendu le 28 juillet 2026 La présidente : Signé : Mme Anne Egerszegi La rapporteure : Signé : Mme Agathe Cavaliere Le secrétaire : Signé : M. Gilles Ho La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Comment est déterminé le plafond d'exonération de la taxe annuelle sur les locaux commerciaux ?
Le plafond d'exonération est déterminé en cumulant les superficies des locaux situés à la même adresse, même s'ils sont dans des bâtiments distincts, conformément au IV de l'article 231 ter du code général des impôts.
Les locaux situés dans des bâtiments distincts mais à la même adresse sont-ils considérés comme un seul local pour la taxe ?
Oui, pour l'application du plafond d'exonération, les superficies des locaux situés à la même adresse sont cumulées, indépendamment de l'architecture ou des dates de construction.
Quels types de locaux sont soumis à la taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, locaux commerciaux, locaux de stockage et surfaces de stationnement ?
Cette taxe concerne les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, comme défini par le code général des impôts.
Comment contester une décision relative à la taxe sur les locaux commerciaux ?
Vous pouvez former un recours devant le tribunal administratif, puis en appel devant la cour administrative d'appel, et enfin un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, sous réserve de respecter les délais et conditions.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.

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