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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 26 juin 2026, n° 513064

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:513064.20260626

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un jugement rejetant une demande d'indemnisation pour carence de l'Etat dans le relogement au titre du droit au logement opposable est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés d'une inexacte qualification juridique des faits, d'une dénaturation des pièces du dossier et d'une insuffisance de motivation, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. C... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l'Etat à lui verser 5 000 euros en réparation des préjudices subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement au titre du droit au logement opposable.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par un jugement du 23 septembre 2025.
  • M. C... a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat contre ce jugement.
  • Il soutenait que le jugement était entaché d'inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier, car le logement qu'il occupait n'était pas affecté de désordres, n'était pas inadapté à sa situation, et le loyer n'était pas excessif.
  • Il invoquait également une insuffisance de motivation, le tribunal n'ayant pas expliqué pourquoi le logement n'était pas inadapté au regard de son handicap.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Paris de condamner l’Etat à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis en raison de la carence des services de l’Etat à assurer son relogement au titre du droit au logement opposable. Par un jugement du 23 septembre 2025, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 février et 28 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. C... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler ce jugement ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à ses conclusions de première instance ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Marlange, de La Burgade, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de la Burgade, avocat de M. C.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’il attaque, M. C... soutient qu’il est entaché : - d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il écarte l’indemnisation de troubles dans ses conditions d’existence en retenant que le logement où il réside n’est pas affecté d’un quelconque désordre ou ne serait pas inadapté à sa situation ni que le loyer mensuel qu’il acquitte serait excessif au regard de ses capacités financières ; - d’insuffisance de motivation faute d’expliquer comment, au regard de sa situation de handicap, le logement qu’il occupe ne pouvait être regardé comme inadapté. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de la ville et du logement. Délibéré à l'issue de la séance du 4 juin 2026 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d'Etat et M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 26 juin 2026. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Erwan Le Bras Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que faire si l'Etat ne me reloge pas alors que j'ai été reconnu prioritaire DALO ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif pour demander une indemnisation des préjudices subis du fait de cette carence, sur le fondement de la responsabilité de l'Etat.
Puis-je demander une indemnisation à l'Etat pour carence de relogement ?
Oui, si vous êtes reconnu prioritaire et urgent au titre du droit au logement opposable et que l'Etat ne vous a pas proposé un logement dans le délai légal, vous pouvez demander réparation des préjudices en résultant.
Comment saisir le tribunal administratif pour obtenir réparation du préjudice lié à l'absence de relogement ?
Vous devez adresser une demande préalable indemnitaire au préfet, puis, en cas de rejet ou de silence, saisir le tribunal administratif dans un délai de deux mois.
Quels préjudices peuvent être indemnisés en cas de carence de l'Etat dans le relogement ?
Les troubles dans les conditions d'existence, y compris les préjudices moraux et matériels, peuvent être indemnisés, sous réserve de les démontrer.
Le tribunal administratif a rejeté ma demande, puis-je faire un pourvoi en cassation ?
Oui, vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, mais il doit être fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner la cassation du jugement attaqué. Il doit être pertinent et fondé.

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